Le secteur privé s’implique dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants

9 mars 2009 par fso

Selon M. Jean Zermatten, directeur de l’Institut international des droits de l’enfant et Vice-président du Comité des Droits de l’enfant « La situation très préoccupante de l’exploitation des enfants à des fins sexuelles (…) [a été noircie davantage par l']arrivée des nouvelles technologies (…), avec l’exploitation des enfants à travers le net, sous les formes de la pornographie utilisant des enfants, ou de la pédophilie masquée derrière des adresses, des sites et des serveurs de complaisance ».

Désormais, le secteur privé – pourvoyeur de technologie et fournisseur d’accès internet – s’implique dans la recherche de solutions et dans la lutte contre exploitation sexuelle des enfants.

Durant le 3e Congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants qui a eu lieu à Rio en 2008, outre « 137 gouvernements (…), des centaines d’ONG, des professionnels et des enfants, [étaient présentes] pour la première fois, aussi des entreprises du secteur privé ! »

Et les expériences se multiplient :

La European Financial Coalition (EFC) est née la semaine dernière à Londres. Soutenue par l’Union Européenne, elle comprend des groupes de la finance, des NGOs et des grandes firmes privées, telles que MasterCard, Microsoft, PayPal, VISA Europe. Elle est née entre autres pour confisquer les profits de ces activités criminelles .

Aux Etats-Unis, en janvier 2009, la Internet Safety Technology Task Force, composée des grands noms du monde internet – Google, Miscrosoft, Yahoo, Facebook, MySpace, Symantec et LindenLabs – a publié un rapport évaluant les technologies protégeant les enfants des contacts dangereux par internet .

Au Japon, en septembre 2008, 4 fournisseurs d’accès internet ont décidé d’arrêter le service payant permettant aux clients d’accéder à des photographies provocantes de fillettes en bas âge .

En Suisse, dès 2006, les services helvétiques de prévention ont demandé aux « fournisseurs suisses d’accès à Internet (…) d’interdire volontairement l’accès à des sites étrangers de pornographie enfantine. » Dès janvier 2007, Tele 2 et Swisscom Bluewin agissent dans ce sens, en bloquant ainsi 2 500 sites de pédopornographie.

Le rapport de l’Internet Safety Technology Task Force rejoint les conclusions du Congrès de Rio et son Plan d’Action sur la nécessité de diversifier les actions. Il n’existe aucune recette miracle qui permette de mettre fin à l’exploitation sexuelle des enfants liée aux nouvelles technologies.

Une stratégie concertée entre toutes les parties prenantes est la solution envisagée. Les Etats, la communauté internationale des droits de l’homme, les ONG, les institutions scientifiques, les parents, les enfants et les adolescents eux-mêmes sont ainsi les alliés du secteur privé dans cette lutte.

Cependant, le secteur privé peut et doit se poser la question si ses actions comportent des risques pour les mineurs et si elles violent leurs droits – notamment celui de l’intimité – entre autres lorsqu’il développe des nouvelles technologies. Il nous reste à espérer que ces actions ne sont pas un nouveau coup publicitaire mais surgissent d’une volonté réelle de lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Clara Balestra, 09.03.08

1 résponse pour “Le secteur privé s’implique dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants”

  1. Nouvelles technologies, une réalité mouvante, des dangers qui évoluent - Fondation Sarah Oberson dit:

    [...] Lire aussi : Parents, entrez dans un nouveau monde : l’Internet de vos enfants ! Répression de la pédophilie sur Internet : un nouveau logiciel fait ses preuves en Suisse Le secteur privé s’implique dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants [...]

Laisser une réponse