Un drame pour faire avancer les choses

29 avril 2009 par fso

A quelque chose, malheur est bon ! Ce dicton tiré de la sagesse populaire  doit, hélas, nous servir de consolation, à la suite du meurtre de la jeune Lucie, par un jeune argovien, dans un contexte médiatique particulier. Elle nous sert de consolation, mais ne doit en aucun cas nous faire oublier le drame vécu par Lucie et la tragédie que sa disparition représente pour ses parents, ses proches et toute la grande famille de ses amis.

La consolation est cependant un peu amère : je veux parler ici du fait qu’elle a permis d’accélérer le dossier de l’alerte enlèvement qui se trouve sur le pupitre (si possible, non pas dans les tiroirs) de Madame la Ministre fédérale en charge de la Justice et de la Police. Rappelons quelques faits :

En 2007 déjà, une centaine de personnalités suisses ont signé une déclaration demandant l’introduction du système de l’alerte enlèvement, déjà en vigueur  chez notre grand voisin français, mais tiré d’une action exemplaire menée par les USA, et le Canada. Depuis près de 10 ans, avec un succès non démenti. Redisons que cet appel faisait déjà suite à un drame, celui de la petite Ylenia, survenu en été 2007, fillette retrouvée morte après 47 jours de disparition.

En 2008, en octobre et novembre, la Fondation Sarah Oberson s’est engagée derrière cette idée et a remis de la pression sur les autorités fédérales. On nous a  alors expliqué que les compétences cantonales (affaires de police dans les mains cantonales) posaient des problèmes juridiques, pratiques  et financiers et qu’il faudrait attendre…

Le 18 décembre 2008, Monsieur le Conseiller aux Etats Didier Burkhalter a déposé une nouvelle motion en faveur de l’instauration du système alerte-enlèvement en Suisse. Cette motion a été munie de 24 signatures. Elle demande au Conseil Fédéral de mettre en place dans les meilleurs délais une Convention de partenariat entre tous les partenaires concernés par le système alerte-enlèvement, en particulier les cantons.

La réponse officielle fut que la Conférence des Chefs des Départements et des chefs de police cantonales  examinait cette question et qu’il n’y aurait pas de réponse avant 2010 au plus tôt, au vu des problèmes juridiques, pratiques et financiers… Grosse déception, évidemment dans les milieux concernés.

Il a fallu un nouveau drame, celui de Lucie, pour  constater que ces problèmes au fond n’étaient pas si insurmontables et que le fédéralisme pouvait supporter quelques correctifs immédiats… Etonnant, ce que l’effet médiatique peut influencer les politiques !

Donc, je salue enfin les différentes positions prises par la Conférence latine des Chefs de Départements de Justice et Police  en faveur de l’instauration d’un tel système en Suisse. Pour être très clair, les autorités valaisannes ont soutenu cette initiative, dès le départ.

Les déclarations encourageantes de Madame la Conseillère Fédérale Widmer-Schlumpf s’inscrivent dans la même optique. Elles laissent augurer une évolution positive de ce dossier, encore en 2009.

Espérons que ce ne soient pas que des mots ! Sarah, Ylenia, Lucie, trois noms symboliques, mais à côté d’elles combien d’autres ? On ne peut plus attendre. Merci à nos autorités de ne pas permettre que d’autres prénoms viennent allonger cette sinistre liste !

Jean Zermatten
Vice-président de la Fondation Sarah Oberson
29.04.2009

1 résponse pour “Un drame pour faire avancer les choses”

  1. Les suites de la tragédie de Lucie - Fondation Sarah Oberson dit:

    [...] éditoriaux à ce sujet : Un drame pour faire avancer les choses Merci à Lucie et à ses [...]

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