116 000, un complément au dispositif d’Alerte enlèvement ?

17 juin 2009 par fso

Depuis le 25 mai 2009, journée international des enfants disparus, un numéro d’appel unique européen (116 000) destiné à écouter et à accompagner les familles d’enfants disparus, fugueurs ou enlevés, a été activé dans 10 pays: la Grèce, les Pays-Bas, la Hongrie, la Roumanie, le Portugal, la France, l’Italie, la Slovaquie, la Belgique et la Pologne.

Ce numéro unique et gratuit, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, veut assurer une meilleure coordination à l’échelle européenne des recherches de la part des autorités compétentes. A titre d’exemple, en 2008, ce numéro a permis de retrouver, après neuf mois de disparition, 3 sœurs enlevées en Belgique et amenées au Portugal par leur père.

Aussi, le 116 000 permet « aux familles d’enfants disparus d’obtenir des informations, une écoute et un soutien » (2) professionnel, accessible et disponible. Ce numéro unique en effet offre une écoute en plusieurs langues, assurée par des professionnels.

La fédération de 23 ONGs, Missing Child Europe promeut cette idée dès son origine. Le 116 000 a été intégrée par l’Union européenne dans une directive de 2002. Cette directive s’est concrétisée dans la décision du 15 février 2007 (IP/07/188) de la Commission européenne, obligeant les Etats membres à mettre à disposition le numéro 116 000 pour « l’aide à la recherche des enfants disparus ». Il s’agit du premier numéro d’une longue série qui sera réservée à des services sociaux européens. Par exemple, le 116 111 est désormais réservé aux enfants qui ont besoins d’assistance (décision du 30.10.07, IP/08/1129). L’instauration de ces deux numéros téléphoniques fait « suite à l’adoption de la stratégie européenne sur les droits de l’enfant ».

Ainsi, les Etats ont l’obligation de conserver ce numéro, de le mettre à disposition et de faire connaître son utilisation auprès du grand public. Ils ne sont par contre pas obligés d’assigner ce numéro à un prestataire de services ou à en assurer le service eux-mêmes (1). Cette nuance explique d’une part le retard de la mise en place d’un numéro unique dans plusieurs Etats de l’Union, qui hésitent  à aller au-delà de leurs strictes obligations – le numéro est disponible mais pas attribué. D’autre part, dans les pays où le système est en place, se sont surtout des ONG qui en assurent le fonctionnement.

Par ailleurs, l’obstacle financier retarde l’instauration du 116 000. La Commission a demandé que ce numéro soit gratuit afin d’en assurer l’accessibilité. Dans plusieurs pays, dont la Belgique et la France, la recherche d’une solution économiquement viable a retardé la mise en place. L’instauration est ainsi plus difficile, mais pas impossible comme le démontrent les 10 Etats où le service est effectif.

La Commission européenne voit ce dispositif comme un complément au système d’Alerte enlèvement qu’elle veut instaurer à l’échelle de l’Union. Et la Suisse ? Serait-elle intéressée à un dispositif de ce type ? Pourra-t-elle l’inscrire comme complément à l’instauration du système d’Alerte enlèvement qui semble devoir se concrétiser, à l’échelle nationale, encore en 2009 ?

Clara Balestra, 17.6.2009

Lien internet :
116 000 : The European hotline number for missing children
(1) European Union : Pan-European numbers and services
(2) Gouvernement français : Lancement du numéro européen 116 000 pour les enfants disparus. Allocution de Brice Hortefeux – 20 mai 2009

2 résponses pour “116 000, un complément au dispositif d’Alerte enlèvement ?”

  1. Paola Riva Gapany dit:

    Un homme déclare être le petit garçon disparu à New York le jour d’Halloween 1955

    A l’époque, l’enlèvement avait bouleversé l’opinion publique. Steven Damman, un petit garçon laissé seul quelques minutes devant un magasin de Long Island, s’était mystérieusement volatilisé.
    55 ans plus tard, un homme du Michigan, arborant une ressemblance frappante avec le père du garçonnet, s’est présenté en affirmant être le garçon disparu.

    La police prend cette affirmation très au sérieux et a demandé un test ADN pour confirmer l’identité de l’homme. «C’est prometteur. Nous n’en savons pas beaucoup pour le moment.» a confié Jerry Damman, 78 ans, le père de Steven, interrogé par The Times depuis sa ferme de l’Iowa, où il avait déménagé quelque temps après le drame.

    «Nous aimerions obtenir des réponses pendant que nous sommes encore vivants. Cela fait plus de 50 ans» a-t-il ajouté. «Après tout ce temps, vous avez plus ou moins abandonné tout espoir.»

    M. Damman, rattaché à la base aérienne Mitchel Fields de Long Island à l’époque de l’enlèvement, doit encore rencontrer l’homme qui affirme être son fils perdu.

    «Il a apparemment réussi à reconstituer un cadre temporel qui suggère qu’il pourrait être notre garçon,» dit M. Damman. «Et il aimerait certaines réponses aussi.»

    La mère de Steven, Marilyn, est également en vie, bien qu’on la dise mal en point. Le couple s’était séparé quelques années après l’enlèvement, Jerry ne pouvant lui pardonner sa négligence.

    Le 31 octobre 1955, à environ 14h45, Mme Damman est entrée dans un magasin de Long Island pour y acheter une miche de pain. Elle a laissé Pamela, 7 mois, sanglée dans sa poussette devant la porte, ansi que Steven, 34 mois, un paquet de bonbons dans les mains.

    «Il y avait trois ou quatre autres poussettes avec des bébés devant le magasin,» a-t-elle dit au Saturday Evening Post une année plus tard. «J’ai dit à Steven d’être sage, que Maman allait revenir tout de suite, et je suis rentrée dans le magasin. C’était quelque chose que j’avais fait un millier de fois, et que les autres femmes font encore. C’est aussi banal pour une femme au foyer que de cuisiner des oeufs pour le petit déjeuner.»

    Elle est sortie du magasin 10 minutes plus tard, pour découvrir que la poussette et ses enfants avaient disparus.

    Mme Damman, 22 ans à l’époque, avait déclaré au journal local que son fils ne pouvait pas avoir bougé la poussette lui-même: «Je crois qu’il ne sait même pas où est le frein,» a-t-elle dit. «Il ne se sauve jamais. C’est un peu un garçon à sa maman.»

    Un voisin a retrouvé la poussette un peu plus loin, avec la fillette à l’intérieur, non loin de la maison des Damman. Steven, lui, avait disparu. Personne n’a jamais pu expliquer pourquoi Pamela avait été laissée en arrière.

    Les jours suivants, plus de 500 personnes se sont portées volontaires pour fouiller les environs afin de retrouver Steven.

    Comme pour Maddie McCann, le cas était devenu extrêmement célèbre. Lorsque le corps d’un petit garçon avait été retrouvé enterré dans un carton à Philadelphie deux ans plus tard, tout le monde a pensé qu’il s’agissait de Steven. Bien des années plus tard, des tests ADN ont finalement prouvé que ça n’était pas le cas.

    Selon le New York Daily News, l’homme du Michigan est allé retrouver la police de Long Island en mars, affirmant être Steven Damman.

    L’homme s’est toujours senti mal à l’aise dans la famille qui l’avait élevé. Il s’est mis en quête de réponses, étudiant notamment les cas d’enlèvement. Il a suspecté être le petit garçon disparu de Long Island lorsqu’il a mis à jour que ses parents y résidaient au moment de l’enlèvement.

    La police n’a pas encore terminé son identification. Le laboratoire du FBI à Quantico a besoin d’environ un mois pour compléter les test ADN.

    M. Damman, qui s’est remarié, avoue qu’il est rare qu’il ne pense pas à l’enlèvement: «C’est toujours présent dans l’arrière de votre esprit. Nous n’avons jamais su ce qui s’est passé, et nous ne saurons peut-être jamais la vérité.»

    cf. http://www.bluewin.ch/fr/index.php/109,156677/Un_homme_declare_etre_le_petit_garcon_disparu_a_New_York_le_jour_dHalloween_1955/fr/news/suisse

  2. Vers le lancement en Suisse du numéro 0848 116 000 en cas de disparition d’enfant - Fondation Sarah Oberson dit:

    [...] 116 000, un complément au dispositif d’Alerte enlèvement ? [...]

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