La pauvreté des enfants en Suisse, et leurs droits ?

20 juillet 2009 par fso

Editorial de M. Jean Zermatten, Vice-président de la Fondation Sarah Oberson et du Comité onusien des droits de l’enfant, directeur de l’Institut International des droits de l’Enfant.

La pauvreté est un sujet récurrent qui touche quasiment tous les pays du monde. Bien sûr, le degré de pauvreté n’est pas identique, mais c’est une certitude : même les pays les plus développés connaissent une frange de leur population qui est touchée par une situation de pauvreté.

En se référant à quelques pays que le Comité des droits de l’enfant a examinés durant sa 51e session (mai-juin 2009), on relève dans les conclusions finales que pas un pays échappe à cette question, pas plus la France que la Suède :

France : « …le Comité s’inquiète du haut nombre d’enfants vivants dans la pauvreté et du plus haut taux d’enfants issus de la migration vivant dans la pauvreté. Le Comité rappelle les observations faites par l’Expert indépendant sur les questions relatives aux minorités, pendant sa visite aux banlieues des grandes villes françaises, sur la forte concentration de pauvreté dans de telles banlieues en raison de la discrimination et de l’exclusion. » (Paragraphe 78)

Suède : « …le Comité remarque les grandes disparités du niveau de pauvreté des enfants dans et entre municipalités et villes urbaines. Le Comité note aussi, avec souci, la proportion très élevée d’enfants issus de la migration vivant dans des ménages avec un revenu bas et la constante détérioration de la situation économique d’enfants non-suédois et d’enfants vivant dans des ménages monoparentaux. Le Comité est aussi concerné par le fait que la crise financière pourrait avoir un impact sévère sur la situation de tels groupes d’enfants déjà vulnérables. » (Paragraphe 52)

De plus, nous nous trouvons, comme cela a été relevé pour la Suède, dans une période de crise économique mondiale dont l’impact sur les droits des enfants et sur la jouissance des droits est non négligeable, non seulement sur les donateurs, mais aussi sur les budgets en matière d’éducation et de soins de santé…

Et en Suisse ?

Pas facile de parler de pauvreté dans un des pays les plus riches du monde.

Même si en Suisse l’indigence ne ressemble pas encore à la misère qu’on rencontre à d’autres endroits du globe, elle existe bel et bien. Une récente recherche faite dans le canton de Berne se base sur des données statistiques et sur de nombreux colloques.

« Ce qui en ressort est préoccupant: 7% des ménages bernois vivent en situation de pauvreté et 5% d’autres risquent de se retrouver dans les mêmes conditions.

Concrètement, sur une population cantonale globale de près d’un million de citoyens, près de 50’000 ménages, soit 90’000 personnes dont 20’000 enfants, peuvent être considérés à risque. Par ailleurs, 18’800 jeunes de moins de 25 ans sont au bénéfice de l’assistance sociale.

Les mesures possibles pour la combattre sont une amélioration de l’instruction scolaire et de la formation continue, la promotion du travail à temps partiel – pour favoriser les personnes seules avec des enfants – et une offre de consultation en matière de gestion du budget personnel, offre destinée aux jeunes.

Intégration et contrôles

Il émerge clairement du rapport une tendance constatée aussi au niveau national: la pauvreté frappe surtout les travailleurs étrangers et notamment ceux qui proviennent de pays hors de l’Union européenne. En fait 20% d’entre eux vivent à la limite de l’indigence contre 5% pour les Suisses.

Pour améliorer leur condition, il faut favoriser l’intégration et garantir en même temps un contrôle adéquat du marché du travail. »

Par ailleurs, «bien des citoyens ne parviennent pas à sortir de la pauvreté car, lorsqu’ils réussissent, au prix de gros efforts, à augmenter quelque peu leur revenu, cette hausse est rendue vaine par la pression fiscale et la perte des subsides».

Ces gens «ne décident pas de continuer à dépendre de l’assistance sociale par paresse ou mauvaise volonté, mais simplement parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Une politique qui représente un véritable encouragement à améliorer sa propre condition est donc nécessaire». (1)

Woorking poors

Selon l’Office fédéral de statistique, les «working poors» soit les travailleurs pauvres, sont des personnes âgées entre 20 et 59 ans, qui, malgré une activité lucrative à plein temps, vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

En Suisse, le seuil statistique de pauvreté représente un salaire de 2’200 francs par mois pour les personnes vivant seules et de 3’800 francs par mois pour les familles monoparentales avec deux enfants de moins de 16 ans. Ce seuil se situe à 4’000 francs pour les couples avec deux enfants.

Selon les données publiées en 2009 par l’Office fédéral de statistique, données qui se référent à l’année 2007, près de 150’000 personnes en Suisse, soit 4,4% de la population active, pouvaient être considérées comme travailleurs pauvres.

Les familles monoparentales et nombreuses sont les plus exposées. Malgré une activité lucrative, près de 10% des familles monoparentales étaient considérées comme des «working poors» en 2007 tandis que moins de 2% des personnes seules se trouvaient dans la même situation. En ce qui concerne les couples, la proportion de nouveaux pauvres grimpe à 18% dès le troisième enfant.

Les personnes qui ne disposent pas d’une formation de base, les indépendants et ceux qui bénéficient de contrats de travail à durée déterminée sont les plus nombreuses parmi les «working poors». Il en va de même pour les étrangers, deux fois plus touchés que les Suisses par cette réalité.

Donc la Suisse, ce pays de l’apparente opulence, souffre également de pauvreté et une partie de ses enfants sont en situation précaire, pauvres, ou à risques de devenir pauvres.

Comment peut-on appliquer les droits de l’enfant dans les situations de pauvreté ?

Ventre creux n’a pas d’oreille dit le proverbe ?

L’enfant pauvre dispose-t-il de droits ?

(1) Clementi Andrea, L’ombre de la pauvreté plane aussi sur la Suisse, Swissinfo.ch, 11.07.2009.

3 résponses pour “La pauvreté des enfants en Suisse, et leurs droits ?”

  1. Groupes JEunes Haitiens dit:

    Chers Responsables

    Nous vous félicitons pour le travail colossal que vous avez réalisé dans le monde par le biais de Fondation Sarah Oberson et pour le support que vous apporté aux pays pauvres.

    Nous sommes des jeunes haïtiens. Nous sommes des jeunes qui aiment le progrès. Nous habitons à Port-au-Prince.

    La crise économique qui secoue notre pays (HAITI) nous infecte. Etant que jeunes qui veulent que notre avenir soit assuré, nous tenons à vous demande de support.

    Nous sommes des jeunes qui ne peuvent pas faire nos études, on ne peut pas trouver de la nourriture, notre vie sociale est délorable.on ne trouve pas d’encadrement en Haiti.Pour ces raisons nous vous sollicitons un support financier, pour que nous puisserons sortir dans cette situations que nous nous trouvons. Vous êtes notre espoir pour avoir une vie meilleure.

    Votre aide apportera un changement dans notre vie sociale.

    Comptant sur votre support. Espérant une suite favorable à notre demande. Nous vous prions de recevoir nos meilleures salutations.

    Le comité du groupe se compose de 10 jeunes.

    Pour le groupe : Emmanuel Noel

    Pour nous joindre :

    Adresse : # 20 rue maranatha village solidarité Port-au-Prince Haïti (WI)

    Tel : (509) 37215987 / 3637-8081

  2. Riva Gapany Paola dit:

    Bonjour à vous toutes et à vous tous!
    Premièrement, toutes nos prensées et prières vous accompagnent ainsi que vos proches, famille et amis durant les heures tragiques que votre pays traverse. Il n’y a pas de mots pour décrire l’ampleur du désastre, et maudire la fatalité qui s’acharne sur Haïti ne sert à rien. Je ne sais même pas si mon message vous parviendra .
    Deuxièmement, et excusez la transition, je suis ravie de constater que l’aura de la Fondation Sarah Oberson dépasse les frontières suisses, même si cette dernière, a je crois aucun objectif d’aide sociale aux personnes directement concernées.
    Troisièmement, je comprends bien que votre pays souffre d’un déficit considérable en matière d’éducation, de structure, d’aide médicale etc… Je me demande seulement si l’aide humanitaire sur place et les structures onusiennes très nombreuses ne peuvent vous aider directement et concrètement. N’étant pas sur place et n’ayant pas de programmes dans ce pays, les ONGs non concernées ne peuvent vous aider. Pour information, avez-vous connaissance de Cariats Suisse, Terre des Hommes et Médecins du Monde? Tous oeuvrent à Haïti. Il serait peut-être judicieux de les contacter.
    Mes pensées vous accompagnent.
    Paola Riva Gapany

  3. amewoui folly edem dit:

    AIDER NOUS 0 AIDER DES MILLIERS D ENFANTS DE CHEZ NOUS QUI SOUFFRENT

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