200 disparitions d’enfants par jour en Chine

21 février 2011 par fso

Contre les nombreux enlèvements d’enfants en Chine, la Croix-Rouge nationale propose des GPS

En Chine, l’enlèvement d’enfants est devenu un fléau national. Selon les journalistes de Sept à Huit de TF1 (22.08.2010), 200 enfants sont volés par jour sur tout le territoire chinois (73’000 par an). Selon les chiffres de la Croix-Rouge chinoise on compte plus de 60’000 cas de disparitions par année.

L’achat d’enfants par les familles chinoises semble être la principale source de profit de ce marché noir. Dans une société où la tradition veut que le garçon prenne soin des parents dans leurs vieux jours (la fille appartiendra à la famille du mari), les couples sont tenaillés entre le désir d’avoir des fils et la difficulté d’en avoir à cause de l’infertilité mais surtout de la politique de l’enfant unique.

Cette politique, entrée en vigueur depuis 1979, est désormais remise en cause en raison des conséquences qu’elle a entrainées (vieillissement de la population, violence envers les femmes, enfants-roi, enfants sans papier, etc.). Depuis son introduction, par exemple, on estime à 40 millions les avortements sélectifs effectués. Le résultat est un manque de femmes en âge de se marier. Une autre possibilité de contourner la politique de l’enfant unique est l’achat et la vente d’enfants avec comme conséquence le vol répandu de ces derniers :
-    Les familles, pour éviter les aléas des grossesses, achètent des garçons de moins de 4 ans qui ne se rappelleront pas de leur famille d’origine ;
-    Les familles riches achètent des petites filles pour éviter le problème du manque de filles à marier. Elles les élèvent jusqu’à 10 ans, âge auquel elles peuvent les marier à leur fils ;
-    Elles achètent aussi des filles plus âgées qui sont mariées de suite, elles sont alors séparées de leur famille et, l’expérience le prouve, souvent abusées ;
-    Enfin, les couples stériles, qui ne peuvent financièrement pas se permettre la voie légale de l’adoption, achètent des enfants au marché noir.

En Chine, le vol d’enfant est passible de la peine de mort. Selon l’article de Infancia Hoy, entre 2009 et 2010, la police a appréhendé 18’000 trafiquants et désarticulé 3’000 mafias. Elle réussit parfois à retrouver les enfants volés, mais les retrouvailles sont rares comparées aux disparitions. Au contraire, le documentaire présenté par TF1 dénonce son inefficacité, « la police ne fait pas grand-chose pour arrêter les coupables. (…) les autorités ne souhaitent surtout pas ébruiter un sujet qui ternit l’image du pays ». Cette volonté de dissimulation laisse les familles des disparus seules face aux démarches de recherche. TF1 parle même de harcèlement de la police politique contre ces familles qui refusent de rester silencieuses devant la perte de leur enfant.

Face à cette solitude, des initiatives individuelles surgissent. Aussi, les familles s’organisent-elles parfois en associations pour s’apporter un soutien mutuel (soutien psychologique, affiches, jeux de cartes avec les photos d’enfants disparus, etc.).

Cependant, devant l’ampleur du phénomène, la dissimulation est difficile, comme le démontre la mobilisation de la Croix Rouge nationale pour la prévention des enlèvements d’enfants. Cette organisation caritative fait preuve d’originalité. Après de fructueux essais dans différentes classes de la capitale, elle aidera les familles en distribuant 20’000 téléphones portables avec GPS en forme de montre à des écoliers fréquentant des établissements primaires et secondaires.

Le taux de disparitions d’enfants en Chine sont dus en grande partie à une situation politique et sociale spécifique qui exacerbe les demandes de la part des familles et donc alimente un marché noir.

En Suisse, malheureusement, les disparitions d’enfants existent. On parle par contre de cas isolés. Le débat sur la nécessité de fournir des GPS à nos enfants surgit régulièrement – puce informatique à implanter sous la peau de l’enfant, GPS dans les chaussures, …- il reste par contre un choix familial. Les autorités, tout comme la Fondation Sarah Oberson, n’abondent pas dans cette direction qui ne ferait qu’alimenter un climat de panique qui n’a pas lieu d’être.

Clara Balestra, 21.02.2011

Lire aussi :
- Chine : Enfants disparus, une tragédie nationale, Courrier international, 01.10.12

Sources :
- Enfants volés, Emission Sept à Huit, TF1, 22.08.10
- Entregan celulares con GPS a niños para evitar secuestros, Infancia Hoy, 09.01.11
- Photographiez et sauvez des enfants mendiants !, Courrier international, 14.02.11

Autres liens :
- Reports of Forced Abortions Fuel Push to End Chinese Law, New Yorker Times, 22.07.12
- Babies for sale: The scandal of China’s brutal single child policy, MailOnline, 06.10.07
- Des mères chinoises racontent l’abandon de leurs filles, Rue 89, 07.02.11
- China’s stolen children: internal child trafficking in the People’s Republic of China, 2012
- China’s stolen children, BBC, 9.07.2012 Last updated at 22:56 GMT Help
Chinese authorities have hailed the success of an operation last week in which they arrested 800 human traffickers and rescued nearly two hundred children. But the high-profile raids revealed the extent of child trafficking across the country.

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