Archive pour la catégorie ‘La Fondation’

Voeux 2013

17 décembre 2012

La Fondation Sarah Oberson vous présente ses Meilleurs Vœux de Noël et de Bonne Année

Soirée Sarah Oberson 2012

19 novembre 2012

La Soirée Sarah Oberson 2012, le 14 novembre 2012, a été un succès. Organisée au Casino de Saxon, 160 personnes ont participé à l’événement sur le thème de «Fugue : rite de passage ou cri d’alarme». Thème d’actualité et quotidien d’institutions et familles, il a intéressé les professionnels, les parents, tout comme le grand public.

Cette conférence fera l’objet d’une publication qui sera disponible sur le site de la Fondation au début de l’année prochaine.

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Fugue : rite de passage ou cri d’alarme ?

Flyer Soirée Sarah Oberson 14 novembre

La grande majorité des disparitions d’enfants dans le monde occidental sont des fugues. Selon les chiffres internationaux, en Suisse, il y aurait entre 7’000 et 50’000 fugues de mineurs par an. Nombre important et non confirmé, car il n’existe aucune statistique nationale à ce sujet. La Fondation Sarah Oberson entend contribuer à la réflexion sur les différentes manières d’aborder les fugues d’adolescents afin de renforcer la prise en charge de ces jeunes.

Avec la participation du M. Olivier Halfon, Chef du Service de Pédopsychiatrie du CHUV, de M. Benjamin Boutrel, Directeur du Centre de Neurosciences psychiatriques du CHUV et d’autres personnalités, telles que le M. Christian Nanchen, Chef du Service cantonal de l’Enfance et de la Jeunesse Valais.

Fugue : du rite de passage au cri d’alarme

21 mai 2012

La grande majorité des disparitions d’enfants dans le monde occidental sont des fugues. La fugue, de par ses conséquences, est incontestablement une prise de risque. L’adolescent doit être retrouvé dans les plus brefs délais. Et après ? Au-delà de la fugue comme rite de passage, il semble que les jeunes fuient une situation difficile. Ainsi, la fugue peut être considérée comme un cri d’alarme lancé à la famille, aux institutions, à la société. Réfléchir sur les significations des fugues d’adolescents peut aider à renforcer la prise en charge des fugueurs.


25 mai, Journée Internationale des enfants disparus

La grande majorité des disparitions d’enfants dans le monde occidental sont des fugues, le fait de mineurs quittant « volontairement leur domicile, institution ou famille d’accueil sans autorisation de leurs parents ou des éducateurs qui les remplacent. ». Les fugueurs sont principalement des enfants entre 12 et 18 ans. Selon les études internationales (Glowacz, 2004), « le nombre annuel de mineurs fuyant le domicile (parental ou institution) varie entre 1,1% et 8,7% ». Selon l’Office Fédéral des Statistiques (OFS), en janvier 2011, en Suisse vivaient 610’166 enfants de 12 à 18 ans. Ainsi, le delta des fugues en Suisse se situerait entre 6’712 et 53’084 par an. Nombre conséquent et non confirmé, car il n’existe aucune statistique nationale à ce sujet (OFS). Phénomène répandu donc et, ces dernières années, en grande augmentation dans les pays voisins.

Pour certains chercheurs, la fugue « peut être perçue comme faisant partie intégrante du processus de développement de certains adolescents » (Di Turro, 2009). La fugue comme un rite de passage ; comme un appel vers l’inconnu mystérieux et attirant, sans autorité et responsabilités ; la fugue comme une manière de s’acquitter de l’autorité familiale ou institutionnelle pour finalement voler de ses propres ailes. Selon cette interprétation, la fugue doit être gérée uniquement par rapport aux risques potentiels de la rue.

Les données sont unanimes : plus longtemps un mineur reste dans la rue, plus son intégrité physique et psychique est mise en danger. La fugue, de par ses conséquences, est donc une prise de risque. L’adolescent doit être retrouvé dans les plus brefs délais.

Au-delà de la fugue comme rite de passage, il semble que les jeunes fuient une situation difficile. Les différentes études scientifiques sur le sujet mettent en valeur des facteurs de risques similaires : une situation difficile au sein de la famille, qui va du désintérêt des parents au conflit ouvert, ou pire encore la maltraitance. On constate « une prévalence de 6 à 8 fois plus élevée de maltraitance chez les fugueurs par rapport au groupe de contrôle » (Nervure, 2008).  De plus, «  le nombre de fugues institutionnelles est plus élevé que celui du milieu parental » (Glowacz, 2004). Enfin, elles reprennent aussi des facteurs de risque tels que les difficultés scolaires, ainsi qu’une basse estime de soi-même, des états dépressifs et idées suicidaires.

Ainsi, la fugue peut être considérée comme un cri d’alarme lancé à la famille, aux institutions, à la société, pour dire : «j’ai besoin d’aide. La situation dans laquelle je vis est trop difficile pour que je puisse continuer à la supporter et je n’ai pas la force de l’affronter, donc j’agis, je fuis».

Par ailleurs, l’adolescence est sans conteste un passage entre l’enfance et l’âge adulte. Le jeune entame un processus d’individualisation et de prise d’autonomie. Dans cette période, non seulement les relations avec la famille et la société changent, mais des bouleversements physiques surgissent également, entre autres les modifications neurobiologiques du cerveau de l’adolescent. Ces dernières, tout en lui ouvrant de grandes possibilités d’action, ne lui donnent pas encore la capacité d’évaluer pleinement les conséquences de ses actes, en entraînant ainsi des comportements à risques, des troubles de la prise de décision, etc. (1)

Tous ces éléments doivent être pris en compte pour appréhender une situation de fugue. Chaque fugue est différente et on ne peut l’interpréter de manière linéaire.

La Fondation Sarah Oberson, créée pour venir en aide aux familles en prise avec une disparition d’enfant, veut contribuer à la réflexion sur les différentes manières d’aborder les fugues d’adolescents. Ceci dans le but d’enrichir la compréhension des parents et des professionnels, afin de renforcer la prise en charge des fugueurs, tout en ajustant/adaptant les attentes.

Elle organise ainsi, le 14 novembre 2012, une soirée de réflexion autour du thème «Fugue : rite de passage ou cri d’alarme ?».

Clara Balestra, 21.05.2012

(1) Boutrel Benjamin (2012), “Vulnérabilité individuelle et vulnérabilité collective à l’origine de la consommation excessive d’alcool à l’adolescence. Point de vue neurobiologique, in Jaffé Ph. et Lachat M., Adolescents et alcool, un cocktail détonnant, IUKB et IDE, p. 37.

Un grand magistrat nous a quittés…

12 mars 2012

Il devint Juge de la Jeunesse, puis Président du Tribunal de la Jeunesse, fonction qu’il exerça pendant plus de vingt cinq ans, pour tout le bénéfice d’une génération d’enfants et d’adolescents, dont les bêtises passagères les conduisaient, avec appréhension, à la Rue des Chaudronniers.

Jean Zermatten et Philip D. Jaffé, 11.03.2012

André Dunant aimait à dire “je suis un juge pour les petits…”; pourtant, par l’envergure de son action en Suisse et à l’étranger, c’est bien un grand magistrat qui vient de nous quitter, vaincu par plus de deux années d’une maladie impitoyable. André Dunant incarnait cette vocation que peu manifestent avec autant de passion, celle de juge des enfants (juge de la Jeunesse, selon l’appellation de sa Genève natale). Passion qu’il a fait rayonner autour de ses collègues locaux et helvétiques, mais surtout qu’il a déployée au cours de très nombreuses missions effectuées pour diverses organisations internationales ou ONGs, aux quatre coins de la planète.

Il faut dire qu’il avait reçu une excellente formation académique de juriste avec quelques années de pratique du barreau, doublée d’une formation d’assistant social, qu’il avait estimée nécessaire pour mieux saisir les problèmes des jeunes en conflit avec la loi. C’est donc tout naturellement qu’il devint Juge de la Jeunesse, puis Président du Tribunal de la Jeunesse, fonction qu’il exerça pendant plus de vingt cinq ans, pour tout le bénéfice d’une génération d’enfants et d’adolescents, dont les bêtises passagères les conduisaient, avec appréhension, à la Rue des Chaudronniers. (L’un de nous se souvient encore de son père qui, à court d’arguments face au fiston récalcitrant, agitait la menace de consulter le Juge Dunant). En plus de cette formation pratique, André Dunant avait aussi eu la chance de côtoyer d’éminents collègues magistrats, comme le Juge Maurice Veillard, figure emblématique de Suisse romande ou le Juge Jean Chazal de Paris. A leur contact, il apprit beaucoup et s’inspira de leurs méthodes et de leur grande humanité. Il amenait également toute la conviction d’un homme qui savait parler aux jeunes, avec cette intensité du grand sportif qu’il était, dont la forme physique impeccable témoignait d’une détermination à laquelle il valait mieux ne pas s’opposer.

Rien d’étonnant, dès lors, de savoir qu’il devint rapidement l’un des principaux animateurs de l’Association latine des juges des mineurs, que la Société suisse de droit pénal des mineurs l’élut comme Président, que l’Association internationale des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille lui confia la conduite suprême de ses affaires et qu’il devint, à sa création, le Président de l’Association Veillard-Cybulsky, en reconnaissance à l’œuvre de son maître (une charge qu’il n’abandonna que l’an dernier). La simple évocation de ses nombreux mandats, au plus haut niveau, disent tout l’estime dont il jouissait parmi ses pairs. Inlassable dévouement d’André Dunant: établi en Valais, après sa retraite, il accepta la fonction de Président de la Chambre pupillaire d’Arbaz, pour mettre sa longue expérience au profit des enfants et adultes en difficulté. André Dunant aura été l’exemple même d’un citoyen dévoué, passionné et toujours prêt à aider.

Son sens de l’action, du concret et des décisions à prendre au quotidien l’ont fait privilégier les courtes notes aux longues publications académiques. Il laisse de très nombreux petits carnets, tracés d’une écriture de collégien appliqué, une mine de trésors. Il s’est très souvent exprimé sur les questions de la Justice juvénile, a donné un nombre invraisemblable de cours et a dirigé de nombreuses formations professionnelles notamment en Afrique de l’Ouest. Il aimait soutenir l’idée d’une justice juvénile non répressive, bienveillante et visant à intégrer les enfants, plutôt que de simplement les punir. Un des ses cheval de bataille était la détention avant jugement, souvent effectuée dans des endroits propices aux pires violations des droits des enfants. Il a défendu cette cause de manière admirable.
Rendons à André Dunant l’hommage dû à un grand magistrat. Que sa famille, ses enfants, petits-enfants, nombreux amis et admirateurs, trouvent dans le souvenir de son action, la force de poursuivre leur propre destin!

Cet article est paru le 12 mars 2012 dans la rubrique Edito-Actualité sur le site de Institut international des Droits de l’Enfant (IDE).

Lucie a été assassinée une deuxième fois !..

3 mars 2012

C’est avec stupéfaction que nous avons appris le jugement prononcé contre l’assassin de Lucie par le Tribunal du district de Baden.

Nous sommes entièrement solidaires avec la famille de Lucie.

Nous considérons que ce jugement n’est pas du tout conforme, ni à l’esprit, ni à la lettre de l’initiative acceptée par le peuple, qui demande précisément qu’il faut interner à vie les dangereux criminels sexuels récidivistes ! A n’en point douter, Daniel H. en fait partie.

Faut-il attendre que cet assassin commette de nouveaux crimes extrêmement graves à sa première sortie de prison pour ne pas prendre aujourd’hui  la décision qui s’impose ?

La société doit impérativement protéger ses enfants. Le Procureur Dominik Aufdenblatten l’a fort bien compris. D’ailleurs, il vient de décider de faire recours contre ce jugement insupportable. Les deux psychiatres indépendants mandatés n’avaient-ils pas, eux aussi, d’ailleurs posé un diagnostic  défavorable ?

Messieurs les Juges, vous le savez bien, Lucie a été sauvagement agressée. Il ne faut pas que d’autres « Lucie » subissent le même sort atroce !

En sachant que Daniel H. a déjà effectué, sans succès, une première thérapie de 4 ans au Centre de détention Arxhof (BL), après sa première condamnation en 2004 pour une tentative de meurtre, je conclurai à l’instar du Procureur qu’ «un cas extrême réclame des solutions extrêmes» !..

Dr Bernard COMBY
Président de la Fondation Sarah Oberson
Sion, le 3 mars 2012.

L’assassin de Lucie comparaît en deuxième instance, Le Temps, 15.10.2012
Les parents de Lucie “déçus” après la condamnation de Daniel H.
, RTSInfo, 29.02.12
Recours contre le jugement de l’assassin de Lucie, Le Matin, 02.03.12

Du couple amoureux au couple parental sans drames ?

6 février 2012

Le grand défi d’une séparation, où des enfants sont impliqués, est de garder la composante parentale du couple lorsque la composante conjugale s’efface. Pour la plupart, cette transformation réussit, grâce notamment aux outils mis à disposition. Des drames existeront toujours, mais le législateur a décidé de se donner des instruments pour en limiter le nombre. Que cette tendance ne s’atténue pas, car il s’agit malheureusement d’une problématique d’actualité.

Synthèse de la Soirée Sarah Oberson 2011, Working Report

Inspirée par le drame de la disparition d’Alessia et Livia, la Fondation Sarah Oberson, lors de la Soirée Sarah Oberson 2011, s’est posée la question suivante : Comment éviter que la séparation des parents ne finisse en drame pour les enfants?

«En Suisse, plus de 50 % des mariages se terminent en divorces, avec leurs cortèges de problèmes pour les parents et surtout pour les enfants concernés», dont le nombre est estimé à 15’000 par année (Comby). Les experts conviés à cette soirée s’entendent pour dire qu’il n’existe pas une solution miracle qui permette de vivre toutes les séparations de manière à respecter le bien-être et les intérêts de l’enfant. Par contre, des outils existent pour atténuer les conflits et réduire les répercussions dramatiques.

Lors d’une séparation, il y a des tensions qui sont souvent le fruit de malentendus. Sur ces incompréhensions se construisent les tensions futures qui peuvent déboucher sur un conflit ouvert ou même sur un drame. Si lors de la séparation, une personne qualifiée, un médiateur, peut aider à dissiper ces malentendus, beaucoup de situations potentiellement explosives peuvent être évitées (Agazzi).

Inscrite officiellement depuis le 1er janvier 2011 dans le code de procédures civiles (Partie 2, Titre 2), la médiation familiale (1) peut être bénéfique dans la mesure où il existe une réelle volonté et une capacité d’auto-responsabilisation de la part des deux parents. Par contre, lorsque le conflit est cristallisé, elle peut devenir un moyen supplémentaire pour alimenter les désaccords.

Malgré ces limitations, la médiation familiale jouit d’un taux de réussite de 75% et «propose une approche différente de la séparation qui place la dimension humaine et affective au centre (…) et qui donne à chacun la possibilité de se positionner en tant que véritable acteur face à la séparation. Utilisée à bon escient et de manière professionnelle, cette démarche permet d’appréhender la séparation non pas telle qu’elle est traduite par les acteurs juridiques, mais telle qu’elle est vécue par les conjoints et parents concernés.» (Debons)  Un autre instrument, en discussion au Parlement, pourrait être l’introduction de l’autorité parentale conjointe (2) comme règle lors de divorce ou de séparation. Partagée, l’autorité parentale est un outil qui permet à l’enfant de bénéficier de l’apport éducatif des deux parents.

Cette solution, tout comme la médiation familiale, peut prévenir les cas dramatiques en tuant dès le départ des situations potentiellement conflictuelles qui pourraient porter à des drames, notamment l’enlèvement (3).

Cheval de bataille du Mouvement pour la Condition Paternelle du Valais (Métrailler) et souhaitée par tous les experts et les groupes d’intérêts, l’autorité parentale conjointe comme règle, est contestée par la Fédération Suisse des Familles Monoparentales.
La formule actuelle exige, des parents qui veulent partager cette responsabilité, l’élaboration commune d’une convention sur l’organisation future de la famille. Elle force ainsi les parents à réfléchir conjointement sur comment ils vont communiquer et sur ce qu’ils vont décider ensemble. Si elle devient la règle, ce processus de réflexion commun n’est plus exigé. Le risque est de perpétuer le conflit et «reporter sur l’enfant la mésentente (non résolue) des parents» (Agazzi). «En effet, pour instaurer une autorité parentale conjointe, il faut une grande collaboration entre les parents. Imposer à l’un des deux cette autorité me paraît donc aléatoire en pratique si la collaboration ne se fait pas naturellement dans l’intérêt de l’enfant.» (Joris).

Ainsi, la médiation familiale et l’autorité parentale conjointe comme norme peuvent prévenir les drames dans la mesure où il existe une réelle volonté des deux parents de transformer le couple amoureux en couple parental responsable.

Dès le 1er janvier 2011, si ces conditions ne sont pas remplies, le juge responsable de l’affaire peut nommer, un curateur (un avocat d’enfant) qui défendra les intérêts de l’enfant (art. 299 et 300 du code de procédure civile). Ce nouvel acteur est partie prenante à la procédure juridique, il a des droits au même titre que les avocats des autres parties : le droit d’interjeter un recours, le droit de déposer des écritures.

Lorsque les conflits sont cristallisés, lorsque les parents n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente pour garantir des conditions de vie satisfaisantes pour leurs enfants, le curateur est l’élément procédural qui prend du recul et se concentre sur les intérêts de ces derniers sans l’influence de l’une ou de l’autre partie. Ainsi faisant, il peut désamorcer des situations qui peuvent s’avérer dangereuses pour le développement de l’enfant, mais aussi pour sa sécurité.

Lorsque l’enfant est enlevé par un parent souffrant mais bienveillant, le Service Social international, qui fait face régulièrement à ce type d’événements, trouve des solutions viables pour les enfants en travaillant avec la médiation. Comme Mme Debons, M. Widmer souligne la nécessité d’une volonté de l’un ou de l’autre parent d’entreprendre une médiation. Cette volonté peut être puisée dans l’amour que les deux parents portent à leur enfant, sans accusations et sans jugements.
Dans un système de collaboration entre les institutions compétentes, cette médiation doit être préparée et portée à bien par des personnes compétentes. Il faut aussi vérifier que les décisions prises dans ce cadre soient dans l’intérêt de l’enfant. Puis, il faut assurer un suivi de l’enfant et des décisions prises car si «un nouveau conflit surgit, les réactions peuvent s’avérer dommageables pour l’enfant».
Selon Widmer, il est nécessaire d’accompagner la famille «même sans solutions, même sans buts précis, il est nécessaire que les personnes qui vivent de tels moments ne soient pas laissées toutes seules».

Par ailleurs, il est utopique de penser qu’on puisse éliminer tout risque de drame de notre société. Il faut donc prévoir des mesures répondant aux situations extrêmes, lorsque la sécurité physique et psychique d’un enfant est menacée.

Dans ce cadre, l’Alerte enlèvement est opérationnelle en Suisse depuis début 2010, grâce notamment à la Fondation Sarah Oberson. L’enlèvement par un parent, par contre, n’est pas un critère pour son déclenchement. Selon Varone, le système reste perfectible et la mise en danger de l’intégrité physique et psychique d’un enfant, même par un parent, peut amener à son utilisation. Il reste à améliorer l’échange d’information entre les services compétents d’un canton, afin que la menace encourue par l’enfant soit évaluée au mieux et ainsi permettre une réaction adéquate pour le bien du mineur.

«La Fondation Sarah Oberson souhaite aussi que la Suisse se dote rapidement du numéro européen 116000 (système décrit par M. Toutounghi, p. …), pour apporter une écoute attentive, des conseils utiles et un soutien bienveillant aux familles confrontées à la disparition des enfants. (…) Il s’agit à notre avis d’un complément indispensable au système Alerte Enlèvement». (Comby)

Le grand défi d’une séparation, où des enfants sont impliqués, est de garder la composante parentale du couple lorsque la composante conjugale s’efface. Pour la plupart, cette transformation réussit, grâce notamment aux outils mis à disposition. Des drames existeront toujours, mais le législateur a décidé de se donner des instruments pour en limiter le nombre. Que cette tendance ne s’atténue pas, car il s’agit malheureusement d’une problématique d’actualité.

Clara Balestra, 06.02.2012

(1) «La médiation familiale (…) consiste à mettre en œuvre un processus volontaire au cours duquel un tiers neutre et impartial – le médiateur familial – propose aux parents un espace de parole confidentiel et accompagne ces derniers dans l’élaboration de solutions satisfaisantes pour toutes les personnes concernées (…). Cette démarche, basée sur le dialogue, vise le maintien de la co-parentalité au-delà de la séparation et place l’intérêt de l’enfant au cœur du processus.» (Debons)

(2) «L’autorité parentale est le pouvoir légal des parents de prendre les décisions nécessaires pour l’enfant mineur. Elle comprend, notamment, la compétence de déterminer les soins à donner à l’enfant, de diriger son éducation (y compris religieuse) en vue de son bien et de prendre les décisions nécessaires, de même que de décider de son lieu de résidence.» (Joris).

(3) «Les dispositions révisées portent également sur la détermination du domicile. Le parent qui souhaite déménager, seul ou avec l’enfant, devra en principe obtenir l’assentiment de l’autre parent, sauf s’il reste en Suisse et que le changement de domicile n’affecte pas de manière significative l’exercice de l’autorité parentale (p. ex. lorsque la distance séparant les deux domiciles ne s’en trouve pas sensiblement modifiée). En cas de litige, il reviendra au juge ou à l’autorité de protection de l’enfant de trancher.» Communiqué de presse du Conseil fédéral du 17.11.2011.

Intervenants :
M. Bernard Comby, Président de la Fondation Sarah Oberson
Mme Doris Agazzi, Coordinatrice Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM)
Mme Christine Debons, Médiatrice indépendante agréée par la Fédération suisse des Associations de Médiation (FSM)
M. Christophe Joris, Juge de district, Tribunal de Martigny et St-Maurice
M. Frédéric Métrailler, Membre du Mouvement de la Condition Paternelles Valais
Mme Patricia Michellod, Avocate et Curatrice dans le Canton de Genève
M. Rolf Widmer, Directeur du Service Social International (SSI), Genève
M. Christian Varone, Commandant de la Police cantonale valaisanne
M. Yves Toutounghi, Directeur général de la Fondation Missing Children Switzerland

Aussi : La médiation dans l’ordre juridique suisse.

Joyeuses Fêtes

18 décembre 2011

La Fondation Sarah Oberson vous présente ses Meilleurs Voeux de Noël et de Bonne Année

 

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé d’organiser cette Soirée Sarah Oberson 2011

29 novembre 2011

La tragédie de la disparition des jumelles Alessia et Livia au début de cette année nous a tous interpellés !.. Au sein de la Fondation Sarah Oberson, nous nous sommes demandés comment faudrait-il faire pour éviter à l’avenir que la séparation des parents  finisse en drame pour les enfants ?

Discours d’ouverture de la Soirée Sarah OBerson 2011, Dr. Bernard Comby

La tragédie de la disparition des jumelles Alessia et Livia au début de cette année nous a tous interpellés !.. Au sein de la Fondation Sarah Oberson, nous nous sommes demandés comment faudrait-il faire pour éviter à l’avenir que la séparation des parents  finisse en drame pour les enfants ?
C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé d’organiser cette Soirée Sarah Oberson 2011, consacrée à cette importante problématique d’actualité, en attirant votre attention sur les nouvelles solutions à développer pour le futur.

Il faut savoir qu’en Suisse, plus de 50 % des mariages se terminent en divorces, avec leurs cortèges de problèmes pour les parents et surtout pour les enfants concernés. Certes, le divorce fait partie de l’évolution de notre société et n’est pas nécessairement une calamité. Mais il porte en lui son lot de souffrances pour les milliers d’enfants involontairement touchés par ces ruptures entre adultes. Chaque année, ils sont au nombre d’environ 15’000 enfants embarqués bien malgré eux dans cette aventure.
Fort heureusement, dans la grande majorité des cas, les situations trouvent un règlement à l’amiable, respectant le bien des enfants concernés. Nous estimons à quelque 10 % les cas de divorces litigieux. Certains conduisent même à des situations extrêmes.
Par exemple, en Suisse, l’année dernière, 102 nouveaux cas d’enlèvements parentaux internationaux ont eu lieu. Il s’agit-là de couples bi-nationaux déchirés, qui engendrent des situations où les enfants sont en quelque sorte pris en otage par l’un des deux parents…

Quelles sont les solutions qui permettront à l’avenir de mieux régler cette délicate question de la séparation ou du divorce des parents ? La médiation familiale, l’autorité parentale partagée, le curateur des enfants ; il s’agit-là de solutions à mettre en œuvre pour apporter des réponses adéquates aux douloureux problèmes posés.

Pour ma part, je pense que nous devrions généraliser la médiation familiale lors de toute séparation ou de tout divorce, entraînant dans leur sillage des enfants. Il faudrait la rendre obligatoire ! Les expériences réalisées en France dans ce domaine ont donné des résultats tout à fait probants. En Suisse, des expériences concluantes ont également été faites à ce sujet. Dans le cas d’enlèvements sur le plan national, voire international, la médiation demeure aussi sans doute la solution la plus efficace. Mais il ne faut pas non plus exclure la possibilité d’élargir les critères du déclenchement de l’Alerte Enlèvement lorsque l’intégrité de l’enfant est mise en danger…

La Fondation Sarah Oberson souhaite aussi que la Suisse se dote rapidement du numéro européen 116000 pour apporter une écoute attentive, des conseils utiles et un soutien bienveillant aux familles confrontées à la disparition des enfants. Il semble que la Confédération veuille sérieusement empoigner ce problème, avec l’aide des ONG spécialisées en la matière. Nous l’y encourageons ardemment. Il s’agit à notre avis d’un complément indispensable au système Alerte Enlèvement, entré en vigueur dans notre pays le 1er janvier 2010.

Quant à la solution de l’autorité parentale partagée, qui fait débat actuellement en Suisse, elle devrait sans doute devenir la règle dans tous les cas de séparations ou de divorces.
D’ailleurs, une motion vient d’être approuvée tacitement dans ce sens par le Conseil National, le 30 septembre 2011 et une modification du Code Civil devrait rapidement voir le jour dans notre pays, selon la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.
Certes, il ne s’agit pas d’une panacée, car plusieurs mesures concomittantes s’avèrent indispensables afin de respecter le bien et l’intérêt de l’enfant concerné, conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ratifiée par la Suisse. Mais il est temps que notre pays fasse de l’autorité parentale partagée une règle générale à appliquer dans toutes ces situations. Personnellement, je saisis l’occasion de cette Soirée pour lancer un appel en faveur de cette solution.

En remettant l’intérêt de l’enfant au centre de ce phénomène de société, la Soirée Sarah Oberson 2011 vise donc à réfléchir sur certains dispositifs mis en place partiellement ou à titre expérimental dans notre pays, à savoir notamment la médiation familiale, l’autorité parentale conjointe et le curateur de l’enfant.
En confrontant ces pratiques avec la réalité quotidienne, les exposés que nous allons entendre et la Table ronde nous apporteront sans doute les réponses souhaitées.
D’ores et déjà, je remercie chaleureusement tous les Intervenants de ce soir, qui nous ont fait l’honneur et l’amitié de leur présence et vous dédie à tous cette pensée de Fénelon :

“L’enfant est comme une bougie allumée dans un lieu exposé au vent : sa lumière vacille toujours.”

 

Mobilisons-nous contre la disparition d’enfants

8 novembre 2011

La Fondation Sarah Oberson organise une soirée pour éviter que la séparation des parents ne provoque l’enlèvement d’enfants. A suivre demain à Saxon.

Article paru dans Le Nouvelliste le 8 novembre 2011 – CHRISTINE SAVIOZ

EVITER DES DRAMES

La dernière image de Sarah Oberson, avant son enlèvement. Elle avait 5 ans. DR Sarah Oberson aurait 31 ans aujourd’hui. Qu’est donc devenue la fillette disparue à Saxon en 1985? La question est sur toutes les lèvres depuis plus de vingt-cinq ans. Pendant toutes ces années, ses parents ont espéré la retrouver. Aujourd’hui, ils espèrent toujours, envers et contre tout. Même si, pour l’instant, les recherches n’ont pas abouti. “Le dossier ne sera pas fermé tant qu’on n’aura pas retrouvé Sarah”, affirme Bernard Comby, président de la Fondation Sarah Oberson.

Un drame marquant

Le Saxonin s’est beaucoup investi pour que la disparition de Sarah ne sombre pas dans l’oubli. Il était l’un des pionniers du mouvement de recherche de la fillette à la fin des années 80, puis de la Fondation au nom de Sarah Oberson. “Ce drame m’a beaucoup touché. Ma fille connaissait bien Sarah. Sa disparition a plongé le village dans la stupeur. C’était la pire catastrophe qui pouvait arriver”, se souvient Bernard Comby.

Depuis lors, il n’a jamais baissé les bras. Pour soutenir la famille de Sarah, mais aussi pour faire de la prévention dans l’enlèvement d’enfants. Chaque année, la Fondation organise des journées Sarah Oberson. Cette année, décision a été prise de mettre sur pied une soirée sur le thème: “Séparation des parents, disparition des enfants: quelques pistes“. La soirée, sans inscription et gratuite, aura lieu demain à 19 heures au casino de Saxon (voir encadré). “Nous avons eu l’idée de ce thème suite à la disparition des jumelles Alessia et Livia. L’enlèvement d’enfant par l’un des parents est malheureusement de plus en plus fréquent et nous voulions tenter de donner quelques solutions avant qu’il ne soit trop tard”, note Bernard Comby.

Ainsi la Fondation s’investit-elle à fond dans la mise sur pied des numéros d’alerte enlèvement, dont le 116 000, (numéro européen) – également l’un des buts de la Fondation Missing Children Switzerland fondée par la maman des jumelles, Irina Lucidi. “Le 116 000 n’est pas encore en vigueur en Suisse, alors qu’il l’est dans de nombreux pays européens, dont la France, l’Italie et l’Allemagne”, souligne Bernard Comby. Or les chiffres le prouvent: cette ligne d’urgence gratuite est plus que nécessaire en Suisse. L’an dernier, 102 parents ont enlevé leurs enfants dans le pays. “La grande majorité de ces enlèvements se sont faits hors frontières helvétiques, lorsque le parent a emmené l’enfant dans son pays d’origine”, explique Bernard Comby. Sans oublier les fugues d’enfants. “Nous pouvons compter entre 1000 et 1100 enfants disparus en Suisse chaque année.”

Si la Fondation Sarah Oberson est active dans la promotion du 116 000, elle ne peut cependant pas financer une telle entreprise. “C’est une affaire à un million et nous n’en avons pas les moyens. C’est à la Confédération de prendre en main ce projet”, explique Bernard Comby.

Car le phénomène n’est pas près de s’atténuer. Les disparitions d’enfants font la une des journaux régulièrement. La semaine dernière encore, Océane, 8 ans, a été retrouvée morte après avoir été enlevée en plein cœur de Bellegarde, un village français de 6000 habitants. “S’il n’est pas bon de tomber dans la psychose, il faut quand même redoubler de prudence”, note Bernard Comby.

Une fois le drame arrivé, difficile ensuite pour les parents de faire le deuil. Surtout lorsque l’enfant n’a pas été retrouvé. “Comment vivre après une disparition? Je crois que l’on survit. En plus, pour les parents Oberson par exemple, chaque fois que l’on reparle de l’enlèvement de Sarah, tout remonte à la surface. C’est pénible à vivre pour eux.” Des parents qui ont pourtant décidé de ne jamais baisser les bras et d’aider les autres personnes vivant un tel drame. “A travers la Fondation, ils essaient de supporter l’insupportable. C’est aussi une façon de maintenir leur enfant vivante.”

C’était le 28 septembre 1985…

Le 28 septembre 1985, à 17 h 30, Sarah Oberson, 5 ans, quitte son domicile de Saxon pour se rendre chez sa grand-maman quelques mètres plus loin. Elle n’y est jamais arrivée.

A 18 h 30, ses parents, aidés d’une dizaine d’autres personnes, commencent à la chercher dans le village. Le vélo de Sarah est retrouvé au bas de l’escalier accédant à la salle de gymnastique. Deux personnes diront plus tard avoir aperçu la fillette dans la cour d’école, à 50 mètres du domicile familial.

A 21 h 20, le papa de Sarah avertit la police cantonale. Un avis de disparition est alors diffusé partout. Les recherches seront intensives pendant des semaines. Sans succès.

De fausse piste en fausse piste

Vingt-six ans ont passé. Mais le dossier n’est pas fermé. Chaque année, des informations parviennent à la police cantonale. Informations contrôlées, vérifiées. Certains affirment avoir aperçu une petite fille ressemblant à Sarah – comme cette dame disant l’avoir vue à Vienne; d’autres prétendent savoir l’endroit où se trouve la fillette devenue une jeune femme, grâce à des pendules. Toutes les pistes ont été étudiées. Malheureusement, les fausses pistes se sont succédé. A chaque fois, l’espoir des parents a été déçu. Un portrait robot de Sarah, vieillie de quelques années, a même été réalisé par le FBI plusieurs années après sa disparition. Cela n’a pas suffi. Sarah Oberson reste introuvable. Est-elle seulement toujours vivante?

L’espoir demeure

“Nous ne voulons pas perdre espoir. Peut-être qu’il existe encore des personnes qui ont vu quelque chose et n’ont rien dit. Nous sommes prêts à les entendre”, souligne Bernard Comby, conscient que la disparition date de plus de vingt-six ans. “Certaines personnes sont peut-être décédées avec quelque chose qu’elles savaient. Elles sont peut-être mortes en emportant ce secret.”

En attendant, l’élan de solidarité qu’a soulevé cette disparition n’a jamais failli depuis 1985. Des centaines de personnes ont aidé la famille et ont été sensibilisées par ce drame qui peut arriver à tout parent. Une manière aussi de ne jamais oublier Sarah Oberson.

Entre 1984 et 1986, quatre autres enfants ont disparu en Suisse, dont on est toujours sans nouvelles aujourd’hui.

“La médiation est la meilleure solution”

“Nous avons en moyenne 70 à 80 dossiers par année de parents ayant enlevé leurs enfants”, souligne Rolf Widmer, directeur du Service social international (SSI) à Genève – il sera d’ailleurs l’un des intervenants de la soirée Sarah Oberson demain soir à Saxon. Parmi les dossiers traités par ce service, il existe des cas valaisans. “Oui, nous en avons, bien sûr. Ce sont surtout des parents binationaux. L’un des deux parents ayant décidé de retourner dans son pays d’origine avec l’enfant.” Dans ces situations particulières, le SSI tente alors de nouer le contact avec le parent qui a disparu. “En général, nous savons où il est parti.” Place ensuite à la médiation. L’essentiel étant de pouvoir instaurer un dialogue entre le père et la mère. “La solution ne peut être trouvée que si les parents acceptent de se parler. La médiation est la meilleure solution”, ajoute Rolf Widmer.

Dans 80% des cas, le dialogue peut être rétabli. “Nous avons par exemple eu récemment la situation d’une maman partie en Australie. Le papa a alors pu dialoguer à nouveau avec ses enfants, en leur parlant par webcam dans nos bureaux. Il venait chaque jour pour voir ses enfants.”

Sécurité de l’enfant primordiale

Le plus important reste la sécurité de l’enfant. “Nous faisons tout notre possible pour en savoir plus sur son état et pour le protéger ensuite”, ajoute Rolf Widmer. Toutes les décisions sont prises dans l’intérêt de l’enfant. “De nombreux parents enlèvent leurs enfants par peur de ne plus avoir de droit de visite. Il s’agit alors de discuter pour voir comment les choses peuvent s’arranger au mieux.” Le Service social international dispose d’un réseau mondial comptant 140 pays, un atout non négligeable pour retrouver un père ou une mère ayant disparu.

Parfois, une maman peut faire appel au SSI par prévention. “Elle craint par exemple que son ex-mari n’emmène ses enfants dans son pays d’origine. On tente alors d’instaurer le dialogue avec le papa pour donner des sécurités, pour rassurer la maman. Cela représente la moitié de nos dossiers”, précise encore Rolf Widmer.

Si le Service social international a identifié le lieu où s’est réfugié un parent, la police n’intervient pas. “Sauf si un tribunal l’exige”, note Rolf Widmer. Pour toutes les autres disparitions, les policiers interviennent immédiatement. D’où l’importance de la mise en service du numéro 116 000 en Suisse. “C’est au moins un endroit où les parents pourront s’adresser. Mais cela ne marchera que si les personnes répondantes sont bien formées”, conclut le directeur du Service social international.

Commentaire : Christine Savioz

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je me rappelle de cette image diffusée sur le petit écran, placardée partout dans le canton, de cette bouille joviale brutalement arrachée aux siens.

Je me souviens de l’incompréhension aussi. Comment une fillette de 5 ans pouvait-elle ainsi être enlevée dans un village où tout le monde se connaît? L’acte paraissait inimaginable pour les Valaisans. Subitement, tous les parents du canton ont redoublé de vigilance. Ils ont prévenu, encore et encore, leurs enfants de ne pas suivre des inconnus. Je me souviens des consignes parentales me demandant de faire attention aux “individus paraissant bizarres”. Tout le monde semblait soudain suspect aux yeux de l’adolescente que j’étais. L’ambiance était à la méfiance partout, dans et hors de la cour d’école. L’affaire a soulevé des vagues d’émotions et de solidarité en Valais, en Suisse et dans toute l’Europe. Les témoignages se sont accumulés. Il y a eu les espoirs. Puis, les déceptions. Car, malgré des recherches intensives, des appels répétés à la population d’ici et d’ailleurs, rien n’y a fait.

Sarah est toujours introuvable. Le mystère reste complet. Et la douleur des parents ne peut pas s’amenuiser.

Comment ne pas se révolter devant un tel drame? Comment vivre après la disparition de son enfant?

Les parents de Sarah Oberson ont sans doute tenu bon pour leurs autres enfants. Ils ont peut-être puisé la force de survivre dans leur envie d’aider les parents vivant le même drame. Dans leur investissement pour contribuer au développement des alertes enlèvement, aussi. En s’investissant pour les autres, ils ont réussi à traverser les années et à avancer malgré tout. Même si le chagrin ne passera jamais. Comme l’espoir de retrouver un jour leur adorable Sarah. Je me souviens d’une photographie en noir-blanc. La fillette souriait à pleines dents, devant un arbre en fleurs. Elle semblait heureuse.

Ce 28 septembre-là, il a subitement fait très froid.

Au Programme

 

La soirée Sarah Oberson aura lieu ce mercredi 9 novembre à 19 heures au casino de Saxon, sur le thème “Séparation des parents, disparition des enfants: quelques pistes”. Les intervenants tenteront de trouver des solutions pour éviter que la séparation des parents ne finisse en drame pour les enfants. L’entrée est gratuite.

19 heures. Les enlèvements parentaux: l’enfant otage, par Rolf Widmer, directeur du Service social international (SSI).

19 h 20. “Enfants et séparations: quel rôle pour la médiation familiale”, par Christine Debons, médiatrice indépendante.

19 h 35. “L’autorité parentale conjointe: pratique des tribunaux” par Christophe Joris, juge de district, Tribunal de Martigny et Saint-Maurice.

19 h 50. “Le curateur de l’enfant: un nouveau venu sur la scène judiciaire” par Patricia Michellod, avocate et curatrice dans le canton de Genève.

20 h 05. Table Ronde dirigée par Fabrice Germanier, membre du Conseil de la Fondation Sarah Oberson, avec Christian Varone, commandant de la police cantonale valaisanne, Yves Toutounghi, directeur général de la Fondation Missing Children Switzerland, Doris Agazzi, coordinatrice romande de la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM) et Frédéric Métrailler, membre du Mouvement de la Condition Paternelle Valais.

21 heures. Clôture

21 h 05. Apéritif offert par la commune de Saxon.

Renseignements complémentaires sur www.sarahoberson.org.

A noter que toute personne peut soutenir les activités de la Fondation en devenant marraine ou parrain par le versement d’un montant de 20 francs.

Comment éviter que la séparation des parents finisse en drame pour les enfants ?

6 septembre 2011

Comment éviter que la séparation des parents finisse en drame pour les enfants? Remettant l’intérêt de l’enfant au centre de ce phénomène, la Fondation Sarah Oberson organise la Soirée Sarah Oberson 2011 : “Séparation des parents, disparition des enfants : quelques pistes”, qui vise à réfléchir sur certains de dispositifs qui tentent d’atténuer les répercussions négatives de ces ruptures : la médiation familiale, l’autorité parentale conjointe et le curateur de l’enfant. En invitant des praticiens qui travaillent avec ces outils, la Fondation cherche à confronter ces pratiques à la réalité.

Chaque année en Suisse, environ 50% des mariages finissent en divorces : on estime à 15’000 les enfants concernés par la séparation de leurs parents, sans compter les séparations hors mariage. Malgré l’acceptation sociale acquise dans les dernières décennies, la rupture porte avec elle un lot important de souffrance, pour les parents eux-mêmes mais aussi pour les enfants issus de ces alliances.

La grande majorité des situations se règlent de manière civilisée. On estime que les cas de divorce litigieux ne sont que le 10%. Il n’en reste pas moins que, entre ces cas litigieux, des cas extrêmes existent. En Suisse, 102 nouveaux cas d’enlèvements parentaux ont été enregistrés en 2010 – ces chiffres ne considèrent que les enlèvements internationaux. Les médias nous informent régulièrement de cas d’homicide d’enfants perpétués par un des parents et qui tente de se suicider par la suite. Les enfants paient parfois cher la séparation de leurs parents.

La France a instauré des tribunaux des familles, qui permettent une spécialisation des professionnels et un encadrement des familles. La Suisse a choisi de faire face à ce phénomène en introduisant des mécanismes qui tentent d’atténuer les répercussions négatives de ces ruptures, notamment sur les enfants. Remettant l’intérêt de l’enfant au centre de ce phénomène, la Soirée Sarah Oberson 2011 vise à réfléchir sur certains de ces dispositifs : la médiation familiale, l’autorité parentale conjointe et le curateur de l’enfant. En invitant des praticiens qui travaillent avec ces outils, la Fondation cherche à confronter ces pratiques à la réalité.

La médiation familiale fait désormais partie des démarches de séparation que se soit sur le plan judiciaire qu’extrajudiciaires. Lors de séparation, dans des familles qui ne fonctionnent pas sur un modèle égalitaire et démocratique, la médiation, promotrice des séparations négociées, peut-elle arriver à des résultats qui garantissent une meilleure protection du mineur ?
L’autorité parentale conjointe – pratique de plus en plus appliquée que se soit dans les pays voisins qu’en Suisse – fait débat dans notre pays depuis maintenant deux ans. Dans la pratique quotidienne, lors de couples déchirés par des conflits, est-elle un moyen pour permettre à l’enfant de bénéficier de l’apport éducatif des deux parents, ou elle perpétue plutôt les mésententes, en aggravant ainsi le contexte de vie de l’enfant ?
Le curateur, ce nouvel acteur juridique, défend les intérêts de l’enfant. Quels remparts existent pour garantir la légitimité de cette représentation, notamment quand l’enfant n’a pas encore développé sa capacité de discerner ? Et de quelle manière le fait de défendre les intérêts de l’enfant, membre égalitaire de la famille en conflit, permet de lui garantir une meilleure protection ?

En vue de refléter la complexité et la diversité des situations de séparation et d’envisager des pistes de solution réalistes, la Fondation Sarah Oberson a organisé une table ronde qui suivra les présentations des experts. Cette table ronde se veut à la fois contradictoire et constructive en introduisant dans le débat, en plus des professionnels du secteur, la voix et le vécu des parents gardiens et non-gardiens, par des représentants respectivement de la Fédération suisse des familles monoparentales et du Mouvement de la Condition Paternelle Valais.

LA FONDATION SARAH OBERSON,
L’INSTITUT INTERNATIONAL DES DROITS DE L’ENFANT

organisent
une soirée de réflexion sur le thème :

Séparation des parents, disparition des enfants : quelques pistes

Le mercredi 9 novembre 2011
au Casino de Saxon

Programme de la Soirée

Bulletin d’inscription

Brochure 2011

La Fondation Sarah Oberson organise chaque année une journée de réflexion, sur les thèmes d’actualité liés à la protection de l’enfance. Cette année, elle propose une nouvelle formule dans le but de rendre plus accessible ce moment d’approfondissement aux professionnels et aux parents. Elle présente ainsi 4 interventions d’experts de 15 minutes chacune et une table ronde qui se veut ouverte au débat d’idées.