Enlèvements parentaux d’enfants : un site Internet pour vous soutenir

21 novembre 2016 par fso

Conflits familiaux et médiation familiale internationale… Encouragé par les Etats et les organisations étatiques comme l’Union Européenne et La Conférence de La Haye de droit international privé, ce mode de résolution amiable se développe et se professionnalise à l’échelle mondiale pour aider les familles vivant un enlèvement d’enfants ou une séparation avec le déménagement d’une partie de la famille à l’étranger.

Editorial de Cilgia Caratsch, Coordinatrice de l’Unité de Médiation, Service Social International (SSI), Secrétariat Général.

Peu de familles et de professionnels connaissent la possibilité de faire recours à la médiation pour les conflits transfrontières. On pense en général que des conflits aussi sérieux et impliquant deux pays ne peuvent se régler que par des procédures légales ou judiciaires. Or, une médiation réussie permet souvent un apaisement du conflit parental, ce qui facilite le maintien des liens avec les enfants et le respect des arrangements relatifs aux pensions alimentaires et au droit de visite.

Complémentaire à la voie judiciaire, la médiation permet de dépasser les problèmes surgissant des deux juridictions en jeu. Les accords sont faits par les parents eux-mêmes à l’aide d’un médiateur et sont soumis à leurs conseillers juridiques. Ces accords correspondent à la réalité géographique et financière des familles, et aux besoins et disponibilités des deux parents. Un accord de médiation peut être homologué dans tous les pays concernés par le conflit et mène à l’économie de frais et de ressources, tant pour les familles que pour les administrations.

« Les procédures étaient complexes et longues, avec beaucoup de va-et-vient entre les deux pays. [...] Nous avons choisi d’aller en médiation pour tenter d’accélérer les choses. Là, nous avons réalisé que nous pouvions parler de tout et régler des questions qui allaient de toute façon surgir plus tard [...] par exemple, comment organiser au mieux les vacances. »
Une mère et un père

Le Service Social International (SSI) vient de mettre en ligne nouveau site Internet multilingue et entièrement dédié à la médiation familiale internationale qui informe les familles et les professionnels qui les accompagnent – juristes, psychologues, travailleurs sociaux – comment une médiation se déroule, comment s’y préparer, comment elle est articulée avec la loi, et qu’est ce qui peut figurer dans un accord de médiation. Une section sur les enlèvements d’enfants sensibilise à l’impact psychologique d’un tel évènement sur tous les membres de la famille et de nombreux témoignages soulignent les bénéfices et les limites de ce mode de résolution de conflits.

« Bien que nous ne soyons plus époux, nous sommes en mesure de nous occuper de notre fille. Elle a grandi sans amertume à l’égard de l’un et de l’autre. La médiation a cette capacité de réinstaurer du respect et de la dignité dans une famille, quand une relation de couple s’est malheureusement détériorée. »
Un père

www.ifm-mfi.org est un outil utile… Le site Internet constitue une ressource innovante, offrant un libre accès aux services publics, guichets de soutien aux familles et réseaux de médiateurs spécialisés existants grâce à un répertoire par pays indiquant les contacts pertinents et l’information sur le cadre juridique régissant ces situations.

Ce projet fait partie d’un programme du SSI pour soutenir le processus d’institutionnalisation de la médiation familiale internationale (MFI) en répondant aux besoins urgents identifiés dans les groupes d’acteurs impliqués dans les conflits familiaux transfrontières (les familles, les professionnels de la médiation et les autorités administrations et juridiques dans les différents pays).
Le renforcement institutionnel de la pratique de la MFI permettra de mieux faire face, au niveau global, à la mobilité générale croissante d’expatriés professionnels, de familles binationales et migrantes, qui verra aussi croître le nombre de cas d’enlèvements et de divorces transfrontières.

Le SSI soutient les familles et les enfants confrontés à des problèmes sociaux suite à un déménagement international ou une trajectoire de migration. Il est organisé en réseau de membres nationaux dans plus de 100 pays et soutient chaque année plus de 50’000 familles séparées par-delà les frontières dans le monde. En parallèle, il s’engage dans le plaidoyer pour la défense des intérêts des enfants et mène des projets de renforcement des capacités pour promouvoir une meilleure protection et le respect de leurs droits. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site www.iss-ssi.org.

Nous orientons volontiers les familles, les professionnels et les autorités vers les services compétents traitant des conflits familiaux transfrontières. En Suisse, La Fondation Suisse du SSI offre un soutien psycho-social et légal, ainsi que la médiation familiale internationale aux familles concernées.

N’hésitez pas à nous contacter :

mediation@iss-ssi.org
+41 22 906 77 00

Photo : Laurent Michel, flickr/creative commons

Dépliant sur la MFI avec le contact des deux services à contacter en Suisse

Guide MFI

La pauvreté familiale seule ne doit jamais justifier un placement

7 novembre 2016 par fso

M. Nigel Catwell, en présentant les Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants, souligne en premier lieu que la pauvreté familiale seule ne doit jamais justifier un placement.

Lors des interventions introductives de la «Conférence internationale sur la protection de remplacement », M. Nigel Catwell, en présentant les Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants, souligne en premier lieu que la pauvreté familiale seule ne doit jamais justifier un placement.

En effet, M. Zermatten, Président du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies au moment de l’adoption des Lignes directrices, fait le sombre constat : «le nombre élevé d’enfants admis a la protection de remplacement dans de nombreux pays, la cause première en étant trop souvent la pauvreté matérielle de la famille,…»

Donc, malgré le changement de paradigme survenu dans ces dernières décennies, exposé par M. Jean Zermatten, qui veut que le placement d’un enfant hors de sa famille soit considéré comme une mesure de dernier recours. Les choses ont de la difficulté à évoluer.

Les Lignes directrices défendent cet interdit de différentes manières. D’une part, en conformité avec la CDE, elles consacrent la famille comme le «milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants, doit recevoir la protection et l’assistance dont elle a besoin» (Préambule CDE) et y consacrent le ch. IV qui commence par les mesures de promotion de la protection parentale.

D’autre part, dans le point 10, elles stipulent que « Des efforts particuliers devraient être faits pour lutter contre la discrimination fondée sur le statut de l’enfant ou de ses parents, pour quelque motif que ce soit, y  compris la pauvreté,…». Avec cet article, les promoteurs se veulent méfiant de l’acceptation non critique des « sagesses conventionnelles » qui ont si souvent amené des institutions à séparer les enfants de leurs familles pour permettre de les éduquer selon des préceptes différents de leur culture, considérée comme néfaste (les nomades (Pro Juventute) en Suisse[1], les amérindiens en Amérique du Nord, les aborigènes en Australie, …et les pauvres un peu partout dans les pays occidentaux depuis le 19ème siècle)

Enfin, dans le point 15, les Lignes directrices s’assurent que les États ne puissent pas séparer les familles, mais qu’ils les soutiennent par des programmes adéquats de lutte contre la pauvreté. Ces derniers, si efficaces, préviennent aussi l’abandon des l’enfant par la famille elle-même.

… et la Suisse ? Lors de la  Soirée Sarah Oberson 2015 «Être enfant pauvre en Suisse» une membre de ATD-Quart monde témoignait du placement d’un de ses enfants et de ses conséquences. Cette préoccupation, loin d’être isolée, a été soulignée par la Présidente de cette organisation qui dit être préoccupée par le nombre de placements d’enfants parmi les familles les plus défavorisées : «Loin de moi l’idée de faire un raccourci simpliste entre pauvreté et placement. (…) Cela dit, au sein du Mouvement ATD Quart Monde, en Suisse et ailleurs dans le monde, nous faisons le constat que la conception hygiéniste qui tendait à briser le cycle de la pauvreté en séparant les enfants de leurs parents, née au 19e siècle, semble perdurer pour les plus pauvres en dépit de l’évolution du cadre légal international et des pratiques professionnelles.»

Il serait intéressant d’étudier la place que la pauvreté a dans les placements en Suisse et, s’il y a lieu, de constater si le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté 2014-2018 a une incidence sur le nombre des placements d’enfants de familles défavorisées.

Clara Balestra, 17.10.16


[1] « En Suisse, le but déclaré des pouvoirs publics a été jusque dans les années 1970 d’éliminer toute vie nomade en arrachant les enfants à leur famille (projet « Enfants de la grande-route » mis en œuvre par la Fondation Pro Juventute). » Le 11.10.16  http://www.ekr.admin.ch/themes/f129.html

Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté 17 octobre

17 octobre 2016 par fso
«La pauvreté ne se mesure pas simplement à l’indigence d’un revenu. Elle se manifeste par un accès insuffisant à la santé, à l’éducation et à d’autres services essentiels et, trop souvent, par le déni ou la violation d’autres droits fondamentaux.» — Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

Thème 2016 – De l’humiliation et l’exclusion à la participation : Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes

L’objectif du développement durable des Nations Unies qui vise à éliminer l’extrême pauvreté et la faim (Objectif 1)  reconnaît explicitement que la pauvreté ne résulte pas du manque d’un seul facteur mais de l’absence cumulée de nombreux facteurs étroitement liés les uns aux autres qui affectent la vie des personnes.

Cela signifie que nous devons dépasser une définition de la pauvreté traditionnellement considérée comme l’absence de revenu ou d’accès à des biens nécessaire pour assurer le bien-être matériel – tels que la nourriture, le logement, la terre, etc. – afin de comprendre pleinement la pauvreté dans ses multiples dimensions.

Le thème 2016 de cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté – choisi en consultation avec des personnes et des organisations de la société civile et d’organisations non-gouvernementales – souligne à quel point il est important de reconnaître et de prendre en compte l’humiliation et l’exclusion endurées par de nombreuses personnes qui vivent dans la pauvreté.

Publié sur site ONU, le 17.10.16

Journée internationale de la fille 11 octobre

11 octobre 2016 par fso

Message 2016 du Secrétaire général de l’ONU

Le thème de la Journée internationale de la fille s’inspire cette année des 17 objectifs de développement durable. Le slogan choisi pour 2016 est « Progrès pour les filles égale progrès pour les Objectifs : ce qui compte pour les filles ».

Le bien-être, les droits fondamentaux et l’autonomisation du 1,1 milliard de filles que compte notre planète sont des éléments essentiels pour mener à bien le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Lorsque nous avons adopté ce programme, nous avons promis aux filles une éducation et des soins de santé de qualité.

Nous nous sommes engagés à mettre fin à la discrimination et à la violence contre les filles et à lutter contre des pratiques néfastes telles que les mariages d’enfants. Nous avons promis de n’oublier personne au bord de la route.

Que ce soit dans les villages, les bidonvilles ou les camps de réfugiés, ce sont trop souvent les filles qui sont laissées au bord de la route, sans alimentation digne de ce nom, sans soins de santé, sans véritable éducation et sans protection contre les violences sexuelles.

Investir dans les filles est à la fois la bonne chose à faire et une idée intelligente. Cet investissement a un puissant effet d’entraînement dans tous les domaines du développement et ses bienfaits se répercuteront jusqu’aux générations futures.

Mais ce qui ne peut être mesuré ne peut être géré. Si nous ne collectons pas les données dont nous avons besoin, nous ne saurons jamais si nos promesses sont tenues.

Nous devons nous assurer que nos initiatives profitent à toutes les filles : les filles en situation de grande pauvreté, les filles vivant dans zones rurales isolées, les filles handicapées, les filles issues des communautés autochtones, les filles réfugiées ou déplacées dans leur propre pays.

Nous avons impérativement besoin de disposer en temps voulu des données de qualité qui nous permettront de savoir où nous obtenons des résultats et où nous sommes à la traîne.

Travaillons tous avec énergie pour être sûrs que nous comptons toutes les filles, car toutes les filles comptent.

Ban Ki-moon

En Suisse, le mariage forcé des enfants se corse

4 octobre 2016 par fso

Depuis le début 2016, on assiste en Suisse à une recrudescence de mariages forcés où des enfants sont impliqués (119), surtout des enfants de moins de 16 ans (26). Selon le Centre d’aide et d’accueil pour les victimes de mariage forcé, « Ces statistiques sont en nette augmentation depuis 2015, où moins de 60 cas ont été signalés.»

L’étude de 2012 «Mariages forcés » en Suisse : causes, formes et ampleur» demandée par la Confédération, a montré une réalité préoccupante : environ 1’400 personnes concernées en deux ans. Les enfants ne sont pas épargnés : un tiers des personnes qui subissent des contraintes pour se marier ou pour rompre une relation amoureuse sont mineurs ; 5% forcés à renoncer à un divorce ont moins de 18 ans.

Suite à cette étude, le Parlement suisse a adopté une nouvelle loi pour lutter contre les mariages forcés, entrée en vigueur en 2013. La législation «prévoit que, en cas de mariage non consenti par l’un des fiancés, les officiers de l’État civil (doivent) non seulement ne pas reconnaître l’union, mais aussi dénoncer le cas à l’autorité de poursuite pénale. L’introduction d’un nouvel article 181a dans le Code pénal garanti(t) ainsi qu’un mariage mis en place sous la violence, la menace ou le chantage soit considéré comme nul et entraîne une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans.» « En 2014 et 2015, deux cas de mariages forcés ont été instruits devant les tribunaux.»

Pour les enfants, en conformité avec l’Observation générale N° 18 sur les pratiques traditionnelles préjudiciables ((6.2, 19) CRC/C/GC/18) la Suisse annule d’office tout mariage avec des mineurs qu’il soit contracté en Suisse ou à l’étranger.

En complément à cette nouvelle loi et en conformité avec les recommandations des auteurs de l’étude précitée, la Confédération a voté la mise en œuvre et le financement d’un programme quinquennal de lutte contre les mariages forcés (2013-2017), couvrant «les domaines de la prévention, de l’accompagnement, de la protection et de la formation». Ce programme se base sur la théorie énoncée dans l’étude qui met la problématique traitée à l’intersection «aussi bien (du) domaine de la violence domestique et de l’égalité entre les hommes et les femmes que (du) domaine de l’intégration et de la migration.»

Malgré ces améliorations, le Centre d’aide et d’accueil pour les victimes de mariage forcé, à Zurich, lance un cri d’alarme : depuis le début 2016 on assiste à une recrudescence des cas où des enfants sont impliqués (119), surtout des enfants de moins de 16 ans (26). « Ces statistiques sont en nette augmentation depuis 2015, où moins de 60 cas ont été signalés.»

Selon la Présidente de ce Centre, cette situation peut être expliquée par l’augmentation du flux migratoire, mais aussi par une plus ample connaissance de la problématique par les professionnels, plus qualifiés dans la détection des cas.

Cependant, les chiffres impressionnent et les experts suggèrent d’autres mesures possibles :

-          «Les jeunes victimes non-suisses mariées à l’étranger par leurs parents pendant les vacances perdent leur droit de séjour au bout de six mois seulement.» La solution allemande (adoptée en 2011) qui «prévoit une possibilité de retour sur dix ans», pourrait être envisagée aussi en Suisse.

-          Autre mesure intéressante, adoptée en Grande-Bretagne : «chaque personne impliquée dans un mariage forcé est suivie individuellement, parfois même à l’extérieur des frontières nationales».

-          Pour conclure, «la Suisse doit collaborer plus étroitement avec d’autres pays, estime Anu Sivaganesan. En tant que phénomène transnational, les mariages forcés auraient besoin d’un organisme doté de compétences à ce niveau, conclut-elle.»

Clara Balestra, 04.10.2016

Photo : http://www.gegen-zwangsheirat.ch/F/

Un ombudsman pour la Suisse?

26 septembre 2016 par fso

Courrier aux parlementaires fédéraux, 15 septembre 2016

Publié sur le site de l’Institut international des droits de l’enfant, le 16.09.16

Chère Madame, Cher Monsieur,

Doit-on créer une fonction d’ombudsman pour les droits de l’enfant en Suisse?

Dans quelques jours, le Conseil national décidera du sort de la motion citée en titre. La Suisse figure parmi les rares Etats qui ne disposent toujours pas d’une Institution nationale des droit de l’Homme (INDH), ni pour les adultes, encore moins pour les enfants, alors que la fonction d’ombudsman consacré aux enfants a fleuri chez nos voisins (Italie, France, Autriche, Norvège, Danemark, Grande-Bretagne, Belgique, Luxembourg…), devenant un instrument incontournable de la promotion et de la mise en œuvre des droits des enfants.
A plusieurs reprises, la dernière fois en janvier 2015, le Comité des droits de l’enfant, l’instance onusienne qui évalue la conformité de la Suisse en matière de droits de l’enfant, a explicitement recommandé la création d’une INDH, chargée de surveiller et d’évaluer les progrès des droits des enfants. Selon le Comité, cette institution est absolument nécessaire pour plusieurs raisons, dont:

  • l’état de développement des enfants qui les rend particulièrement vulnérables aux violations de leurs droits;
  • le peu de considération accordée à l’opinion des enfants;
  • le fait que les enfants ne votent pas et ne jouent pas de rôle dans le débat politique;
  • les difficultés objectives pour les enfants de recourir au système judiciaire ou aux organismes susceptibles de protéger leurs droits;
  • l’impossibilité fréquente d’être reconnu comme victimes et d’obtenir réparation.

Pourquoi la Suisse ne respecte-t-elle pas son engagement solennel pris en ratifiant la Convention des droits de l’enfant? De quoi notre pays a-t-il peur? La motion Bulliard-Marbach ne fait rien d’autre que de rappeler à notre gouvernement ses obligations envers ses enfants et met en exergue le fait que ni l’OFAS, ni la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse, ni encore le Centre de compétence suisse pour les droits humains ne sont véritablement aptes à promouvoir, à défendre les droits de l’enfant, le cas échéant à les faire respecter en cas de plaintes relatives à la violation de leurs droits d’enfant.

Une justification maintes fois exprimée par nos autorités fédérales est que l’Ombudsman pour enfants serait l’affaire des cantons. On pourrait en effet imaginer que chaque canton se dote d’un ombudsman pour enfants. Curieusement, jusqu’à présent aucun canton ne l’a fait. Mais même si c’était le cas, un Ombudsman pour enfants national est indispensable dans un pays fédéraliste pour assurer une fonction de coordination et pour rester vigilant aux disparités que peuvent vivre les enfants entre les régions.

De plus, un Ombudsman suisse permettra justement de régler à l’interne la plupart des situations de violation des droits de l’enfant. Il s’agit d’un rempart helvétique offert à nos enfants de trouver la reconnaissance de leurs droits dans leur propre pays.

Créer une fonction d’Ombudsman, Mesdames et Messieurs les Conseillers nationaux, c’est avoir confiance dans notre jeunesse et démontrer que nous autres, citoyens adultes, sommes assez grands et confiants pour encore mieux s’assurer que nos enfants soient respectés par toutes les composantes de notre société.

Un Ombudsman suisse c’est donner une voix aux enfants qui sont sous la juridiction de la Suisse!

Jean Zermatten, ancien président du Comité des droits de l’enfant à l’ONU
Philip D. Jaffé, professeur à l’Université de Genève
Paola Riva Gapany, directrice de l’Institut international des droits de l’enfant
Michel Lachat, ancien juge pour mineurs du Canton de Fribourg

Annexe: document complet pdfUne Institution indépendante des droits de l’enfant en Suisse (4 pages)

Les enfants des Villes suisses, ont-ils des chances égales ?

6 septembre 2016 par fso

«En brossant le portrait d’une enfance non seulement plurielle, mais profondément inégale, cette étude interroge la capacité de la Suisse de garantir à toutes et à tous des chances égales dans la vie.»

Extraits du Rapport de M. Michele Poretti « Enfance urbaine et politiques publiques : Regards croisés d’enfants de différents quartier de la ville de Sion », 2016. L’auteur traite dans ce rapport de thématiques beaucoup plus vastes que le strict aspect de la discrimination.
Photo : Franck Michel, flickr/creative commons

Le rapport de Poretti «présente les résultats d’une recherche participative réalisée avec une centaine d’enfants de 8-10 ans de la ville de Sion» (Ville exemple d’une réalité présente ailleurs). «L’étude (…) a été conduite dans les écoles de trois différents quartiers (centre-ville, banlieues populaires, «beaux quartiers») et (…) a utilisé des méthodes mixtes (p.ex. sorties dans les quartiers, dessins, entretiens, sondage)»(p. XI)

«Si les participant-e-s à cette recherche partagent un certain nombre d’expériences similaires, telle qu’un rythme de vie qui alterne scolarité et loisirs, cette enquête souligne que (…) l’enfance est une expérience éminemment plurielle, qui se décline notamment en fonction des espaces de vie, de la classe socioéconomique et du genre. A maints égards, en effet, la vie des filles et des garçons les mieux loti-e-s des «beaux quartiers» est radicalement différente de celle des enfants défavorisés des quartiers populaires.»(p. XII)

«Là où, pour certains, le quartier se résume au jardin privé, d’autres investissent principalement les espaces de l’école, la rue ou les terrains pour la pratique du sport.»(p. XI)

«Alors que les filles et les garçons les mieux loti-e-s participent généralement à plusieurs activités extrascolaires par semaine et à de nombreuses autres activités en famille, les loisirs des enfants défavorisés se résument souvent aux jeux libres dans le quartier, du moins quand les espaces le permettent.»(p. XI)

«En brossant le portrait d’une enfance non seulement plurielle, mais profondément inégale, cette étude interroge la capacité de la Suisse de garantir à toutes et à tous des chances égales dans la vie.» (p. XII)

La Suisse s’est engagée «à respecter les droits qui sont énoncés dans la (Convention des droits de l’enfant et à les garantir à tout enfant» (art. 2.1). A ce sujet, le Comité des droits de l’enfant, dans les Observations finales de 2015, «recommande à (la Suisse) d’intensifier ses efforts en vue d’éliminer la discrimination à l’égard des enfants»(25).[1]

Selon Poretti, pour émousser ces différences, il faut avant tout les identifier en élargissant les «processus participatifs (…) afin de rendre compte de la pluralité de l’enfance (…et de) mieux comprendre les contextes dans lesquels vivent les enfants…» et intégrer par la suite les connaissances acquises lors d’ateliers participatifs dans les prises de décision politiques qui dépassent «les politiques sectorielles de l’enfance et de la jeunesse pour mettre en œuvre de véritables politiques «transversales», qui établissent notamment des liens étroits entre la situation des enfants et les politiques en matière de loisirs, d’urbanisme, de mobilité, de scolarité, ainsi qu’avec les politiques économiques et sociales au sens large.»(p. XII)


[1] Dans cet énoncé, il souligne surtout les discriminations envers « les enfants migrants, réfugiés et demandeurs d’asile, les enfants handicapés et les enfants sans papiers. », sans pour autant en exclure d’autres (entre cantons (28), entre classes sociales (65), …).

MNA à Côme : prise de position de l’ADEM

23 août 2016 par fso

Les membres de l’ADEM1 souhaitent exprimer leur préoccupation par rapport à la situation des migrants dans la région de Chiasso (Suisse) et de Côme (Italie), notamment celle des mineurs non accompagnés qui représentent un groupe particulièrement vulnérable. Les récents retours effectués vers l’Italie par les autorités suisses sans évaluation préalable des besoins de ces mineurs violent les obligations relatives aux droits de l’enfant auxquelles la Suisse s’est astreinte en ratifiant la CDE . La situation actuelle montre malheureusement que ces enfants sont souvent d’abord considérés comme des migrants et à ce titre incapables d’exercer leurs droits légitimes et de bénéficier de mesures de protection spéciales en tant que mineurs. Ce traitement va à l’encontre des principes fondamentaux et de toutes les conventions en la matière.

Prise de position de l’ADEM du 18.08.16 publié sur le site de l’Institut international des droits de l’enfant, le 23.08.16

L’ADEM déplore notamment la confusion régnante, le risque d’arbitraire dans les prises de décision, le manque de structures et de moyens, le déficit de personnel formé capable de sauvegarder l’intérêt de ces enfants, ou encore l’absence de coordination transnationale entre les acteurs responsables de la prise en charge de ces enfants. Le peu de soutien adéquat apporté à ces enfants menace d’accentuer leur vulnérabilité, les risques d’exploitation et de les inciter à trouver des voies plus dangereuses pour rallier leur point de destination.

L’ADEM souhaite rappeler quelques principes fondamentaux3 ;par rapport à la prise en charge des enfants en déplacement en ligne avec la CDE ratifiée par la Suisse et l’Italie et donc applicables dans ces deux pays :

  • Les enfants en déplacement doivent être considérés comme des enfants avant tout. Toute action les concernant, y compris les mesures prises par les autorités, doivent se baser, en premier lieu, sur leur intérêt supérieur.
  • Les systèmes de protection de l’enfance doivent protéger tous les enfants sans discrimination, y compris les enfants en déplacement. Il est notamment du devoir des Etats d’assurer dans les régions traversées par les enfants une protection constante.
  • Les mesures de gestion des migrations ne doivent pas porter atteinte aux droits fondamentaux des enfants. Les États ont le devoir d’assurer une identification exacte des enfants, d’évaluer les effets de leurs lois et politiques sur les enfants en déplacement ou touchés par la migration et d’éviter qu’elles n’aient des répercussions préjudiciables.

Il est demandé aux deux pays :

  • de mettre à disposition de chaque mineur non accompagné – dès son identification – un tuteur ayant pour mission de veiller à son meilleur intérêt avant que toute décision par rapport à son déplacement ultérieur ne soit prise.
  • d’appliquer le règlement Dublin III afin de faciliter le regroupement familial pour les mineurs ayant de la famille en Europe et ceci dans les plus brefs délais. Le cas échéant, d’organiser un déplacement accompagné afin que ces mineurs retrouvent au plus vite leurs familles. Pour tous les autres mineurs, leur situation doit être soigneusement étudiée en vue de trouver une solution durable en Suisse, dans le pays d’origine ou un pays tiers en tenant compte de leur meilleur intérêt.
  • s’accorder sur des standards harmonisés minimums de prise en charge des mineurs non accompagnés.

Les membres de l’ADEM se tiennent à disposition pour entamer un dialogue avec les autorités suisses afin d’améliorer la prise en charge de ces enfants.

1Alliance pour la Défense des Enfants Migrants (ADEM) www.enfants-migrants.ch. Membres actuels : Fondation suisse du Service Social International (SSI), Terre des hommes – aide à l’enfance (TdH), Lausanne, Institut International des Droits de l’enfant (IDE), Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés (OSAR).
2Convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU
3http://principlesforcom.jimdo.com/

Contacts

Pour le SSI: Mme Elodie Antony, chargée de projet (022 731 67 00; ssi-ea@ssiss.ch)
Pour Tdh: Mme Fouzia Rossier, responsable des droits de l’enfant (079 321 72 57; fouzia.rossier@tdh.ch)
Pour l’IDE: Mme Aline Sermet, collaboratrice scientifique (027 205 73 03; aline.sermet@childsrights.org)
Pour l’OSAR: Constantin Hruschka, responsable protection (031 370 75 38; constantin.hruschka@fluechtlingshilfe.ch)

Télécharger le pdfcommuniqué de presse

Le CSDH salue la décision du Conseil fédéral de mettre en place une institution nationale des droits humains

4 juillet 2016 par fso

Lors de sa séance d’aujourd’hui, le Conseil fédéral a décidé d’élaborer une base légale pour une institution nationale des droits humains. Il a chargé le DFAE et le DFJP d’élaborer, d’ici juin 2017, un projet destiné à la consultation. La proposition du Conseil fédéral prévoit la création d’une institution ayant un ancrage universitaire et disposant d’un financement de base non lié assuré par la Confédération. Cette dernière continuera à participer au financement de l’institution à hauteur d’un million de francs par année.

Par le Centre suisse de compétence pour les droits humains (CSDH) le 29.06.2016

Le Centre suisse de compétence pour les droits humains (CSDH) salue la décision en faveur de l’élaboration d’une base légale pour une institution nationale des droits humains indépendante. Il se réjouit que le projet pilote du CSDH ait su démontrer la nécessité et l’utilité d’une telle institution. Une institution permanente pour les droits humains garantit la poursuite des travaux réalisés par le CSDH depuis 2011.

 

Qu’est-ce que la famille ?

28 juin 2016 par fso

La famille n’est donc pas une question de biologie ni de tradition. La famille est l’institution qui permet à l’enfant de grandir en harmonie. Pour que ce soit possible, selon Mme Prieur, les 5 éléments susmentionnés sont déterminants.

Extraits de la présentation de Mme Nicole Prieur, psychologue et philosophe, au Colloque Les Nouvelles formes de parentalité : le temps du partage… et l’enfant ? , 19.05.16.

Dans les dernières décennies, la famille a vécu une véritable révolution anthropologique : d’une part, le socle sexuel n’est plus nécessaire pour enfanter ; d’autre part, le sexe n’engendre plus le genre: les pères assument des fonctions traditionnellement maternelles et vice-versa.

C’est ainsi que des questions fondamentales surgissent: qu’est-ce qui constitue l’essence de la famille ? Selon Prieur, les 5 éléments suivants sont cruciaux pour l’épanouissement de l’enfant:

  1. Le lien éthique se construit autour du don, de la dette et de la loyauté qui structurent le lien entre les générations. Cette dette que les enfants ont envers les parents n’a jamais été contractée et il est impossible de la solder. Lorsque l’on accepte cet état de fait, on peut commencer à donner aux générations futures.
  2. Le lien moral : être parent signifie aussi solder les comptes par rapport à ses propres parents, c’est-à-dire ne plus attendre des parents ce qu’on n’a pas reçu et qu’on pense être en droit de recevoir. Ceci permet de ne pas avoir à demander aux enfants ce qu’on n’a pas reçu de nos parents.
  3. Le lien de filiation est un processus d’affiliation. L’enfant doit pouvoir parler de ses origines. Il vient d’une longue histoire familiale, où l’élément biologique n’est qu’une composante. Ceci lui permet de s’engager vers l’avenir. L’origine est un point situé dans l’avenir, une relation à l’origine qui ne cesse de se transformer.
  4. Le lien qui construit le sentiment d’appartenance : structurer le sentiment d’appartenance signifie partager notre vision du monde (culture). Il est important de philosopher avec l’enfant : qu’est-ce qui est juste/injuste, mal/bien ? Si on comprend notre système de pensée et de croyances, on peut mieux s’ouvrir à celui de l’autre.
  5. Le lien anthropologique : structure autour de la reconnaissance de l’autre. Ne pas être reconnu est une souffrance, cette reconnaissance se fait en 5 étapes qui peuvent se superposer et ne sont pas linéaires :
    1. être reconnu : l’autre atteste que je suis parce que je suis le fruit de ses rêves (enfant-parent) ;
    2. reconnaître l’autre : ex. l’adolescent dit souvent ce qu’il perçoit de l’autre ;
    3. se reconnaître mutuellement (entre conjoints) ;
    4. se reconnaître soi-même (âge adulte). Se reconnaître comme acteur de ses actes et de ses paroles ;
    5. à partir des autres étapes, je commence à reconnaître ce que j’ai reçu, à être reconnaissant, ceci permet d’être dans une situation plus légère par rapport aux dettes qu’on ressent envers les générations antérieures. On peut ainsi amener notre enfant dans son devenir.

La famille n’est donc pas une question de biologie ni de tradition. La famille est l’institution qui permet à l’enfant de grandir en harmonie. Pour que ce soit possible, selon Mme Prieur, les 5 éléments susmentionnés sont déterminants.

Clara Balestra, 28.06.16

Photo : vasse nicolas,antoine, flickr/creative commons