Les suites de la tragédie de Lucie

24 août 2009

Editorial de Mme Paola Riva Gapany, Sous-Directrice de l’Institut international des Droits de l’Enfant.

Au niveau national, la tragédie de  Lucie Trezzini a permis d’accélérer la mise en place du système d’alerte enlèvement. Elle a aussi influencé, au niveau cantonal, la législation argovienne.

Le meurtre de Lucie influence le Grand Conseil argovien qui tire les conséquences du meurtre de Lucie le 4 mars 2009. Le parlement a décidé de modifier la loi en donnant la possibilité à l’autorité d’exécution des peines de remettre en prison pendant 7 jours un détenu libéré sous condition.

La modification du code de procédure pénal a été adoptée sans discussion. Tous les partis étaient d’avis qu’un “vide sécuritaire” devait être comblé après le meurtre de Lucie, 16 ans, à Rieden, dans le canton d’Argovie. Son meurtrier avait été libéré sous condition en août 2008.

Cette nouvelle mesure entrera en vigueur en 2010. La durée maximale de l’emprisonnement sera de 7 jours. Le gouvernement prévoyait une durée maximale de 14 jours.

La durée a été modifiée après l’intervention de l’Office fédéral de la justice. Se basant sur la jurisprudence du Tribunal fédéral, l’office considérait que la durée de 14 jours était “problématique”.

Cette mesure ne concerne que les personnes en liberté conditionnelle. Le président du tribunal qui a ordonné l’emprisonnement peut prolonger la détention. La personne concernée peut faire recours contre cette décision.

Le meurtrier de Lucie, un Suisse de 25 ans, aurait dû se soumettre à une cure de désintoxication stationnaire car il consommait des drogues. La cure aurait dû débuter un jour avant qu’il tue la jeune fille.

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Un drame pour faire avancer les choses
Merci à Lucie et à ses parents…

Une fleur, message d’espoir et de solidarité

25 mai 2009

«La perte d’un enfant est une chute dans le vide qui se traduit par la perte du sens de la vie, un sentiment de totale perte de maîtrise, une négation de l’ordre naturel» (François Dayer)

Le 25 mai 1979, sur sa route pour l’école, disparaissait à New York Etan Patz. Cet événement, très médiatisé, a été suivis par d’autre cas aussi très visibles qui ont enclenché un mouvement de solidarité à travers les Etats Unis. Ainsi, en 1983, le président Ronald Reagan proclamait le 25 mai la journée nationale de la disparition d’enfant. Progressivement, cette journée est devenue la Journée internationale des enfants disparus, commémorée partout dans le monde.

Cette journée veut garder vif le souvenir de ses enfants et de donner un message d’espoir et de solidarité aux parents qui n’ont plus de nouvelles de leurs enfants. Le symbole de la journée est en effet la fleur «Non ti scordar di me» ou «Vergissmeinnicht» (‘ne m’oublie pas‘), en français Myosotis.

Lors de la cérémonie des 10 ans de la Fondation Sarah Oberson le 7 novembre 2008 à Saxon, M. Christian Varone, Commandant de la Police Cantonale Valaisanne et membre du Conseil de la Fondation Sarah Oberson, s’exprimait ainsi :

« Face à ce type de tragédie, tout doit être mise en œuvre pour rendre les systèmes de recherche toujours plus performants. Depuis 1985, la Police cantonale n’a cessé d’améliorer son système d’investigation. Aujourd’hui, les procédures mises en place en cas de disparition d’enfants donnent heureusement d’excellents résultats. Plus du 98 % des cas sont ainsi élucidés.

Il faut cependant continuer à perfectionner le système. Le projet national d’alerte-enlèvement va justement dans ce sens et reçoit l’appui le plus complet de la Police cantonale valaisanne. Il permettra notamment de mieux coordonner la diffusion d’informations et de rendre encore plus efficace les opérations menées sur le plan national et international.

En définitive, la mise sur pied du projet alerte-enlèvement sera le plus bel hommage que nous puissions rendre à Sarah et au courage admirable de ses parents et de ses proches. »

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