Soutenir les familles confrontées à la disparition d’un enfant

10 septembre 2013

Dans le but de soutenir les professionnels qui aident les familles confrontées à la disparition d’un enfant, la Fondation Sarah Oberson a mandaté une revue de la littérature scientifique. Ses conclusions ébranlent la prise en charge conventionnelle et dépassent les éléments de soutien sous mentionnés. Pour présenter les résultats de cette recherche, conduite par M. Michele Poretti, chercheur sénior à l’IUKB et consultant, la Fondation Sarah Oberson organise une conférence, le 30 septembre 2013 à Sion.

Tous les ans des enfants disparaissent sans laisser de traces. Qu’il s’agisse de fugues, d’enlèvements parentaux ou de drames inexpliqués, les familles sont accablées par la douleur de la disparition.
Comment  aider les familles confrontées à la disparition de leur enfant ?

Des textes scientifiques relatifs au deuil des familles en cas de disparition existent, mais ils traitent en priorité des situations de disparition dans un contexte de violence (guerres des Balkans et violence en Argentine, …). À partir des documents existants, il est possible d’identifier et de déduire un certain nombre de similitudes.

Selon plusieurs auteurs, lorsqu’un être cher disparaît, que se soit dans des situations violentes ou inexpliquées, «les familles restent en suspens, dans l’indétermination la plus complète. (…Elles) sont au seuil (limen en latin) de la mort, du veuvage, du deuil. Mais cette étape transitionnelle est, par le silence, perpétuellement maintenue» (Verstraten, p. 75-76).

Lors de disparitions forcées, les scientifiques ont pu déterminer des éléments qui aident ces personnes à retrouver un niveau de bien-être plus satisfaisant. Les disparitions forcées sous-entendent en effet une période historique donnée, une situation vécue par une communauté, par une nation, une douleur partagée collectivement (commémorations collectives possibles). Le décès potentiel des disparus, du fait du contexte historique, peut être considérée, même si incertain, comme probable. Le sens que l’on peut donner à cette disparition peut être canalisé par la période historique – Il faut par contre souligner le fait que ces éléments, tout en permettant d’avancer dans le processus de séparation, ne sont pas gage de mieux-être (Probst Favret, p. 108).

Pour les enfants, ou les adultes, disparus dans des circonstances inexpliquées, les dimensions collective et historique n’existent pas. La douleur n’est partagée qu’avec les proches. Rien ne vient conforter le fait que le décès puisse être considéré comme probable. La quête du sens de la disparition est difficilement orientée par des circonstances particulières.

Alors quels pourraient être les éléments qui permettraient aux « familles (…) de s’adapter (…), trouvant (…) des manières pertinentes de reconstruire leur identité et le sens de la vie » (Poretti) ?

Face à la difficulté à trouver des textes scientifiques pertinents et dans le but de soutenir les professionnels qui aident les familles confrontées à la disparition d’un enfant, la Fondation Sarah Oberson a commandité une revue de la littérature scientifique sur le thème, dont les conclusions ébranlent la prise en charge conventionnelle et dépassent les éléments de soutien susmentionnés.

Pour présenter les résultats de cette recherche, conduite par M. Michele Poretti, chercheur sénior à l’IUKB et consultant, la Fondation Sarah Oberson organise une conférence :

Au seuil du deuil ?
Les familles d’enfants disparus à l’épreuve de l’incertitude

Le 30 septembre 2013, de 10h00 à 12h00,
à l’Institut Universitaire Kurt Bösch, à Sion/Bramois

L’anthropologue Marc-Antoine Berthod interviendra sur le thème : « Les familles face à leur communauté ». En effet, lorsque ces drames surgissent, les familles ne sont pas seulement confrontées à leur douleur, à leur perte. Elles doivent interagir avec leur communauté, avec les médias et avec l’interprétation que ceux-ci font de leur drame. Ces éléments déterminent tout autant la capacité de survivre à cette perte.

Références
Poretti Michele (2013), Au seuil du deuil ? Les familles d’enfants disparus à l’épreuve de l’incertitude. Revue de littérature, Fondation Sarah Oberson, Sion.

Probst Favret Marie-Corinne (2009), «Enfants de père porté disparu: le deuil suspendu», in Betty Goguikian Ratcliff et Olivier Strasser (dir.), Clinique de l’exil. Chroniques d’une pratique engagée, Chêne-Bourg: Editions Georg, pp. 101-110.

Verstraeten Alice (2006), «La “ disparition forcée ” en Argentine. Occultation de la mort, empêchement du deuil, terreur, liminalité», in Frontières, vol. 19, n° 1.