Des villes qui font une place aux enfants ? Résultats d’une enquête réalisée avec les enfants de 8-10 ans d’une petite ville romande

21 août 2017

Les transformations des villes, organisées principalement autour des besoins de l’économie et de la mobilité motorisée, ont amené à une progressive exclusion des enfants des espaces publics et à leur ségrégation dans des lieux privatifs, souvent séparés du monde des adultes (écoles, crèches, lieux d’accueil, places de jeux, etc.).

Edito de Michele Poretti (1), publié sur le site d’Artias, en août 2017

De nombreuses villes romandes réfléchissent ainsi actuellement aux liens entre espaces urbains, enfance et inclusion. Ce dossier vise à contribuer à ces réflexions. Il résume notamment, tout en les développant, les résultats d’une recherche réalisée en 2014 et 2015 avec une centaine d’enfants de 8-10 ans de la commune de Sion (Valais).

En brossant le portrait d’une enfance inégale, cette étude interroge ainsi la capacité de la Suisse, à tous les niveaux de l’Etat fédéral, à garantir à toutes et à tous des opportunités égales de réaliser les droits inscrits dans la Constitution, dans la loi et dans la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant (ratifiée par la Suisse en 1997).

Cette recherche s’ouvre sur des questions politiques centrales. Comment garantir aux plus jeunes, dans des villes qui offrent des milieux de vie très contrastés, à la fois en termes de bâti, d’infrastructures et de mixité sociale, un accès équitable à une éducation de qualité et à des opportunités de loisirs ? Comment faire en sorte que le modèle des écoles de quartier, qui favorise la mobilité douce des enfants et l’ancrage local de l’institution scolaire, ne vienne renforcer une ségrégation socio-spatiale déjà inscrite dans la ville ? Plus fondamentalement, comment créer des villes inclusives, qui fassent une place à toutes et à tous, dans des sociétés qui, au fond, s’accommodent relativement bien d’inégalités croissantes ?

Les responsabilités pour construire des villes inclusives, qui font notamment une place, sans discriminations, aux plus jeunes et à leurs parents, sont largement partagées. Les conséquences d’un échec dans ce domaine pourraient cependant mettre à dure épreuve un vivre-ensemble déjà fortement ébranlé par l’insécurité et l’individualisation des relations sociales.

(1) Dossier préparé par Michele Poretti, Haute école pédagogique Vaud et Université de Genève

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